Kinshasa, 20 novembre 2024- Le bras de fer entre les magistrats et le ministre de la Justice, Constant Mutamba, continue de polariser la scène politique en RDC. Malgré les efforts d’apaisement du président Félix Tshisekedi, le dialogue semble dans l’impasse. Les États généraux de la Justice, tenus du 6 au 16 novembre dernier, n’ont pas mis fin aux tensions. Au contraire, ces assises semblent avoir exacerbé les désaccords entre les deux camps.
Les syndicats des magistrats dénoncent un “faux rapport” présenté par Constant Mutamba à l’issue des États généraux. Selon eux, le document validé en plénière et en commissions a été dénaturé avant d’être présenté au président Tshisekedi. Pour Edmond Isofa, président du SYNAMAC, cette manipulation constitue une grave entorse à la transparence et à la justice. Face à cette situation, les magistrats ont décidé de se mobiliser, affirmant qu’ils ne laisseront pas passer ce qu’ils qualifient de “faux en écriture”.
Deux actions majeures sont prévues par les syndicats. D’une part, une action judiciaire sera engagée contre les auteurs du rapport controversé. D’autre part, des démarches seront menées auprès des hautes instances, notamment le président de la République et le Conseil supérieur de la magistrature, pour exiger des explications et réaffirmer les recommandations issues des États généraux. Les magistrats insistent sur la nécessité de préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire, notamment en ce qui concerne la révision de la Constitution et les immunités des magistrats.
Ces revendications mettent en lumière les fractures profondes entre les acteurs politiques et judiciaires du pays. Alors que le président Tshisekedi cherche à réformer un secteur miné par des dysfonctionnements, les accusations de manipulation risquent d’éloigner davantage les parties prenantes de tout consensus. Une solution durable semble plus urgente que jamais pour redonner confiance à un système judiciaire en crise.