Kinshasa, 17 mars 2025- À la veille des discussions directes entre le gouvernement congolais et le M23 prévues le 18 mars à Luanda, le Dr Denis Mukwege s’oppose fermement à cette approche. Le prix Nobel de la paix plaide pour une Conférence internationale sur la RDC, estimant que le conflit dépasse largement le cadre d’une crise interne et implique des acteurs régionaux et internationaux.
Mukwege dénonce une “erreur de diagnostic majeure” en limitant la crise à un dialogue entre Kinshasa et le M23. Selon lui, cette approche occulte l’implication directe du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, ainsi que les intérêts économiques liés à l’exploitation des minerais stratégiques de la RDC. Il rappelle que la SADC, l’EAC et plusieurs puissances étrangères ont un rôle clé à jouer dans la résolution du conflit.
Pour le médecin congolais, seule une Conférence internationale pourrait garantir une paix durable. Il appelle à une revitalisation de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba et à la mise en place d’une feuille de route concertée entre les parties prenantes. Mukwege insiste également sur la nécessité d’un mécanisme de suivi rigoureux pour s’assurer du respect des engagements pris.
Il exhorte la communauté internationale à appliquer strictement la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui exige un cessez-le-feu immédiat et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Pour Mukwege, toute négociation sous la menace des armes reviendrait à légitimer l’agression et à consacrer la loi du plus fort.
S’il reconnaît les efforts diplomatiques du président angolais João Lourenço, Mukwege estime que les discussions bilatérales ne peuvent aboutir sans un cadre international structuré. Il préconise que d’éventuelles négociations futures incluent l’ensemble des groupes armés, la société civile et les forces politiques congolaises, afin d’éviter les erreurs du passé.
Face aux enjeux de souveraineté et de stabilité régionale, Mukwege appelle à une mobilisation collective pour garantir au peuple congolais le droit de vivre en paix. Pour lui, tout compromis hâtif risquerait d’aggraver la crise et de retarder une solution véritablement durable.