Kinshasa, 20 mars 2025- Le président Félix Tshisekedi a vivement condamné l’achat de minerais congolais pillés par le Rwanda, dénonçant un véritable « commerce du sang ». Dans une interview accordée au journal français Le Figaro, il a salué les sanctions imposées par l’Union européenne contre des militaires rwandais et des cadres du groupe armé M23, accusés d’exactions et de pillages dans l’est de la RDC.
“Comment peut-on accepter que certains achètent les matières stratégiques que le Rwanda vient piller chez nous, au prix du sang ?” s’est-il indigné. Pour lui, ces sanctions européennes sont une avancée majeure, venant s’ajouter aux mesures similaires prises par la Grande-Bretagne, le Canada et les États-Unis. “Elles confirment qu’indubitablement l’agresseur de la RDC s’appelle le Rwanda”, a-t-il insisté.
Le chef de l’État a également réagi au refus du M23 de participer aux négociations prévues à Luanda, dénonçant l’influence étrangère qui dicterait leurs décisions. “Ces activistes violents ne sont que des pantins qui attendent des ordres. Leur hostilité à la paix et leur soif d’enrichissement personnel rendent toute discussion illusoire”, a-t-il déclaré.
Face à cette situation, Félix Tshisekedi estime qu’il est plus pertinent de dialoguer directement avec les véritables instigateurs du conflit, plutôt que de traiter avec des intermédiaires sans autonomie réelle. Il a rappelé que la recherche d’une solution durable repose sur les processus de Luanda et de Nairobi, soutenus par l’Union africaine et les Nations unies.
Par ailleurs, il a souligné l’importance de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, votée à l’unanimité fin février. Celle-ci exige le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais et la cessation du soutien militaire au M23.
Pour Tshisekedi, ces développements diplomatiques confirment la reconnaissance internationale du rôle du Rwanda dans l’insécurité à l’Est de la RDC. Il appelle donc la communauté internationale à redoubler d’efforts pour mettre un terme définitif à ce « pillage institutionnalisé ».