Kinshasa, 22 mars 2025- Pour la énième fois, l’Assemblée nationale a voté en faveur de la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Défendu par le vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba Kabuya, ce projet de loi divise profondément les députés, en particulier ceux des provinces concernées, qui demandent désormais sa levée.
Instaurée en mai 2021, cette mesure visait à rétablir la sécurité dans une région minée par l’instabilité et les groupes armés. Pourtant, quatre ans plus tard, la situation semble loin de s’améliorer. Certains observateurs et élus dénoncent une détérioration continue, pointant du doigt l’inefficacité de l’administration militaire mise en place.
Les critiques se font de plus en plus vives, notamment face à l’occupation persistante d’une grande partie des provinces du Nord et du Sud-Kivu par des groupes armés. Pour ces opposants, la militarisation de la gouvernance n’a pas apporté les résultats escomptés et a, au contraire, accentué l’insécurité.
D’un autre côté, les partisans de l’état de siège estiment qu’il reste nécessaire pour lutter contre les forces rebelles et restaurer une stabilité durable. Selon eux, lever cette mesure maintenant reviendrait à donner encore plus de marge de manœuvre aux groupes armés actifs dans la région.
Malgré ces arguments, une question demeure : jusqu’à quand cette situation exceptionnelle sera-t-elle prolongée ? Face à une population de plus en plus exaspérée et des élus locaux qui s’impatientent, le gouvernement devra tôt ou tard revoir sa stratégie pour répondre aux attentes de ceux qui vivent au quotidien cette insécurité grandissante.