Kinshasa, 26 mai 2025- Alors que l’ancien président Joseph Kabila tente un retour médiatique en critiquant sévèrement la gestion actuelle du pays, le gouvernement congolais n’a pas tardé à riposter. Dans une déclaration ferme faite dimanche, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a balayé d’un revers de main les propos de l’ex-chef de l’État.
“Le président Kabila est un homme du passé qui n’a absolument rien à proposer, ni dans le contexte actuel ni pour l’avenir”, a-t-il tranché.
Le ministre de la Communication et des Médias réagissait à la dernière sortie publique de Joseph Kabila, diffusée sur la RTNC, où ce dernier a dressé un tableau alarmant de la situation du pays. Muyaya, lui, a renversé l’accusation, affirmant que l’actuel gouvernement œuvre précisément à réparer les failles héritées du régime Kabila. “Le plus important pour nous, en tant que gouvernement, c’est de nous assurer que chaque jour, nous progressons”, a-t-il dit.
Pour Muyaya, la posture critique de Kabila frise l’amnésie politique. Il rappelle que certaines des forces qu’il soutient aujourd’hui étaient autrefois combattues sous sa propre présidence. “C’est un ensemble de contradictions qui ressortent de ses déclarations, mais nous sommes en démocratie, chacun est libre de ses opinions”, a-t-il lancé, en référence à une interview accordée par Kabila au média sud-africain The Sun.
Dans sa vidéo publiée le 23 mai sur YouTube, Joseph Kabila a pourtant sonné l’alarme, affirmant que la RDC est « gravement malade » et que « son pronostic vital est engagé ». Une formule choc qui n’a pas laissé indifférent l’opinion, mais que le gouvernement considère comme déconnectée de la réalité actuelle. Muyaya y voit davantage une tentative de se repositionner politiquement qu’une analyse lucide.
L’ancien président, de son côté, propose un « pacte citoyen » en douze points, censé, selon lui, restaurer stabilité, démocratie et développement. Mais pour le pouvoir en place, cette proposition ne repose sur aucun socle crédible. “Où était ce pacte pendant ses dix-huit années à la tête du pays ?” s’interroge un proche du gouvernement.
Cette joute verbale entre le passé et le présent augure d’une bataille politique plus intense à venir. Mais pour l’heure, Patrick Muyaya veut rassurer. “Nous avons choisi d’agir là où d’autres ont échoué. L’histoire jugera”, a-t-il souligné.
