Kinshasa, 19 juin 2025- L’Assemblée nationale a enregistré, mercredi, une question écrite déposée par l’ancien ministre des Sports, Serge Chembo Khonde. Dans sa correspondance adressée au ministre actuel, Didier Budimbu Ntubwanga, l’élu de Sakania met en cause deux partenariats conclus avec des clubs européens, dont l’AS Monaco, et exige des réponses sur leur contenu, leurs objectifs et leur impact réel.
Dans un ton officiel mais ferme, Serge Chembo s’appuie sur l’article 180 du Règlement intérieur de la Chambre basse pour justifier sa démarche. “Je me fais l’obligation de vous transmettre […] la question écrite adressée à Monsieur le Ministre des Sports et Loisirs sur la signature de deux contrats de sponsoring et de marketing entre le Gouvernement […] et quelques clubs européens”, écrit-il. Cette interpellation parlementaire intervient alors que des doutes planent sur la transparence de ces accords.
Le contrat le plus médiatisé, signé le 10 mai dernier entre Kinshasa et l’AS Monaco en présence du directeur général Thiago Scuro, prévoit un engagement jusqu’en 2028. Avec un coût estimé à 4,8 millions de dollars (près de 12 milliards de francs congolais), ce partenariat est censé valoriser le sport, le tourisme et l’image du pays à l’international. Mais de nombreux analystes dénoncent une opération de prestige déconnectée des priorités locales.
Dans les milieux du sport congolais, la réaction ne s’est pas fait attendre. “Cette somme devrait plutôt être investie dans notre championnat national, qui meurt à petit feu par manque de financement”, fustigent plusieurs acteurs du secteur. À leurs yeux, investir dans des clubs européens alors que la Linafoot peine à organiser ses compétitions relève d’un non-sens stratégique.
Serge Chembo, connu pour sa rigueur sur les questions sportives, revient sur le devant de la scène avec ce dossier explosif. Durant son mandat, il avait plaidé pour l’application des résolutions des États généraux du Sport, afin de corriger les défaillances structurelles du secteur, telles que l’absence d’infrastructures modernes, le manque de financement et la mauvaise gouvernance.
L’Assemblée nationale devra désormais fixer une date pour la réponse du ministre Budimbu. Ce dernier aura la lourde tâche de convaincre les députés et l’opinion publique que ce contrat, loin d’être un gaspillage, constitue un réel investissement d’avenir pour le rayonnement du sport congolais au-delà des apparences.
