Kinshasa, 23 juillet 2025- Le Conseil national de suivi de l’Accord de Saint Sylvestre et du processus électoral (CNSA) a lancé un appel mardi à l’endroit du chef de l’État. L’institution demande au président de la République de prendre des mesures décisives pour garantir l’intégrité du territoire national et consolider l’unité du peuple congolais.
Réunis à Kinshasa en session plénière, les membres du CNSA ont réitéré leur attachement à la paix. Ils ont plaidé en faveur de l’organisation d’un dialogue national, qu’ils souhaitent à la fois global et inclusif, afin d’apaiser les tensions et favoriser une sortie de crise durable.
Placée sous la présidence de Joseph Olengankoy, la session ordinaire a été marquée par un message de soutien à l’accord de principes signé récemment entre le Gouvernement et la coalition rebelle AFC/M23. Pour les membres du CNSA, ce texte représente une « feuille de route claire » pour mettre fin aux conflits dans l’Est du pays.
L’organe a tenu à féliciter toutes les parties prenantes ainsi que les médiateurs impliqués dans ce processus. Il considère que cette avancée constitue « un pas historique » en direction du rétablissement d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Cependant, le CNSA a insisté sur la nécessité d’appliquer sans attendre certaines mesures de décrispation. Il a notamment exigé la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion, la suspension des poursuites judiciaires jugées arbitraires, ainsi que la restitution des passeports et des biens confisqués à certains opposants.
Ces gestes sont perçus par l’institution comme des conditions essentielles à la tenue d’un dialogue sincère et productif entre les différentes forces vives de la nation.
Le CNSA a également exprimé sa profonde inquiétude face aux conditions de vie des populations dans les zones actuellement sous contrôle de l’AFC/M23. Il en appelle au Gouvernement pour qu’il restaure l’accès aux services bancaires et assure le paiement régulier des salaires des agents de l’État dans ces régions.
Enfin, en rappelant que ces mesures relèvent d’obligations constitutionnelles, le Conseil souligne qu’aucune paix durable ne sera possible sans justice sociale et sans respect des droits des citoyens, y compris dans les zones de conflit.
