Kinshasa, 28 juillet 2025- Au lendemain du massacre perpétré dans la nuit de samedi à dimanche à Komanda, le Pape Léon XIV a exprimé sa profonde douleur face à l’attaque attribuée aux islamistes ADF, qui a fait au moins 43 morts, parmi lesquels des fidèles catholiques. Ce drame s’est produit dans une paroisse située à environ 75 kilomètres au sud de Bunia, alors que les chrétiens étaient réunis pour une veillée de prière.
« Sa Sainteté le pape Léon XIV a appris avec consternation et profonde affliction l’attaque perpétrée contre la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda dans la province de l’Ituri, qui a causé la mort de plusieurs fidèles, rassemblés pour le culte », peut-on lire dans un télégramme du Vatican relayé par l’AFP.
L’attaque, particulièrement violente, a fait plusieurs blessés, et certains habitants ont été enlevés puis emmenés de force dans la forêt. En plus des pertes humaines, des habitations et des boutiques ont été incendiées, aggravant une situation humanitaire déjà critique dans cette partie de l’Ituri.
Dans son message, adressé à Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le cardinal Pietro Parolin a insisté sur la nécessité d’agir. « Cette tragédie nous invite davantage à œuvrer pour le développement humain intégral de la population meurtrie de cette région », fait-il savoir.
Cette attaque intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu, alors que l’opération militaire conjointe Shujaa, menée par les Forces armées congolaises (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), est toujours en cours contre les ADF dans l’Est du pays. Ce nouvel acte de barbarie relance les interrogations sur l’impact réel de cette opération, lancée il y a près de quatre ans.
Un rapport récent des experts de l’ONU souligne que, malgré l’élimination de certains cadres des ADF, l’opération Shujaa n’a pas réussi à stopper les violences contre les civils. Selon ces experts, la réduction des effectifs des FARDC dans certaines zones, au profit du front contre le M23, a permis aux ADF de maintenir leurs attaques dans l’est du territoire de Beni, l’ouest du Lubero et l’Ituri.
