Kinshasa, 1er août 2025 – Alors que le procès impliquant l’ex-président Joseph Kabila retient l’attention de l’opinion nationale et internationale, le président de la Haute cour militaire a interdit la retransmission en direct des audiences en dehors des médias officiels, la RTNC (Radio Télévision Nationale Congolaise) et l’ACP (Agence Congolaise de Presse).
Cette décision est intervenue suite à la diffusion non autorisée, lors de la première audience, d’un live par un média non identifié sur les réseaux sociaux. Un acte jugé contraire aux règles établies par la juridiction militaire. En réaction, la cour a renforcé son contrôle sur la communication autour du procès pour éviter toute dérive ou manipulation de l’opinion publique.
Le président de la cour a précisé que cette restriction vise à préserver la dignité de la procédure judiciaire, garantir la sécurité des personnes concernées et éviter les interprétations erronées susceptibles de nuire au bon déroulement du procès. Les journalistes indépendants et les médias privés ne pourront plus filmer ni diffuser les images du procès en direct, ni même enregistrer les débats en salle. Seuls les extraits validés par les autorités judiciaires, transmis par la RTNC et relayés par l’ACP, seront autorisés à la diffusion.
Ce procès, considéré comme l’un des plus sensibles de l’histoire politique congolaise récente, met en cause l’ancien chef de l’État plusieurs anciens de ses collaborateurs notamment pour des faits de crime, participation au mouvement insurrectionnel, haute trahison, homicide par arme à feu, apologie, viol, torture et occupation militaire de la ville de Goma
L’interdiction du live suscite déjà des réactions diverses dans les milieux médiatiques et au sein de la société civile. Certains y voient une volonté de museler la presse, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une mesure de précaution dans un contexte hautement délicat.
La Haute cour militaire a, par ailleurs, averti que toute tentative de diffusion illégale d’images ou de contenu non autorisé fera l’objet de sanctions sévères. Elle rappelle que le respect du cadre fixé est indispensable pour garantir la crédibilité et la sérénité du processus judiciaire.
