Kinshasa, 5 septembre 2025- Le ministre honoraire de l’Intérieur, Peter Kazadi Kankonde, a désigné l’Inspection Générale des Finances (IGF) comme principale responsable du blocage du projet de délivrance de la carte d’identité nationale. Ce projet, qui constituait une promesse majeure du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visait à doter chaque Congolais d’un document officiel d’identification d’ici au 30 juin 2023.
S’exprimant devant la presse en marge d’un séminaire professionnalisant organisé pour les étudiants du département de droit constitutionnel de l’Université de Kinshasa, l’ancien Vice-premier ministre est revenu sur l’historique du projet et les raisons de l’impasse actuelle.

Un projet déjà amorcé mais brutalement interrompu
Selon Peter Kazadi, dès sa nomination en mars 2023, il a fait de ce dossier une priorité absolue.
« À mon arrivée au ministère, j’ai immédiatement pris ce dossier à bras-le-corps. J’ai trouvé une société déjà sélectionnée pour travailler en partenariat avec l’ONIP (Office National d’Identification de la Population). Je me suis même déplacé pour visiter ses installations et m’assurer de sa fiabilité. Il m’a été confirmé que, dans le monde, la société la plus performante dans la production de cartes infalsifiables est Idemia » a-t-il expliqué.
Et d’ajouter
« La distribution avait débuté par le Chef de l’État et certains membres du gouvernement. Des cartes avaient également été remises à quelques responsables d’institutions. Nous étions prêts à passer à une phase de distribution massive au niveau des communes » a-t-il ajouté.
Cependant, tout a changé à la suite d’une intervention décisive de l’IGF.
« L’IGF a affirmé dans une lettre qu’Idemia était une société fictive, sans existence juridique, et que le consortium en charge du projet ne disposait pas des ressources financières nécessaires pour le mener à terme. Suite à cela, l’opération a été gelée et, jusqu’à ce jour, elle reste bloquée » a-t-il dénoncé.
Un blocage aux lourdes conséquences pour les Congolais
Face à cette situation, Peter Kazadi explique avoir tenté d’ouvrir le dialogue afin de sauver le projet.
« J’avais convoqué une réunion tripartite pour corriger les failles éventuelles ou, si nécessaire, résilier le contrat et trouver un nouveau partenaire. Malheureusement, l’IGF n’a jamais répondu à l’invitation, laissant le projet dans l’impasse » a-t-il regretté.
Pour lui, ce blocagera des répercussions graves sur la population et la gouvernance.
« Ce retard pénalise des millions de Congolais, qui restent sans carte d’identité, un document pourtant essentiel pour leur identification et l’accès à plusieurs services administratifs et financiers », a-t-il alerté, appelant les autorités compétentes à intervenir pour débloquer la situation.
Il faut rappeller qu’en République Démocratique du Congo, l’absence généralisée de carte d’identité nationale demeure un problème structurel qui fragilise la gestion administrative, le processus électoral et la sécurité intérieure. Relancer ce projet est désormais perçu comme une priorité nationale pour moderniser l’administration et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
