Kinshasa, 19 septembre 2025- Alors que la commission spéciale, mise en place à la veille de la plénière de l’Assemblée nationale, a entamé sa mission hier jeudi, la pétition visant Vital Kamerhe, président de la chambre basse, continue de susciter de vives réactions sur la scène politique et sociale.
Contacté par la rédaction ce vendredi, l’analyste politique Paterne Cuma Kafumba s’est indigné contre l’initiative des députés de l’UDPS, pourtant parti allié du président de la République Félix Tshisekedi depuis son accession au pouvoir.
« Il est surprenant et regrettable de constater que la pétition contre le bureau de l’honorable Vital Kamerhe provient de députés appartenant à l’UDPS, formation pourtant considérée comme l’épine dorsale de la majorité présidentielle. Un tel comportement soulève des interrogations quant au sens de responsabilité et à la cohérence politique de ceux qui l’ont initiée. Vital Kamerhe n’est pas un acteur de circonstance. Il fait partie de ceux qui, dès les premières heures, ont contribué de manière décisive à la conquête et à la consolidation du pouvoir actuel. Ignorer ce rôle historique, c’est non seulement tourner le dos à un allié stratégique, mais aussi mettre en péril l’unité qui devrait caractériser la majorité au pouvoir », a-t-il déclaré.
Selon lui, les initiateurs de cette démarche semblent oublier que la politique ne devrait pas être un champ de règlements de comptes personnels, mais plutôt un espace de construction d’équilibres durables. En s’attaquant inutilement à un allié majeur, ils exposent la majorité à des divisions internes et offrent, par la même occasion, des arguments à une opposition qui n’attend que de voir éclater ses contradictions.
« Une motion de défiance, loin d’être un acte anodin, est un signal fort envoyé à l’ensemble du pays. Elle devrait résulter d’un consensus mûri et d’un souci de renforcer les institutions, non pas d’affaiblir des partenaires essentiels à la stabilité. En agissant de la sorte, ces députés risquent d’entamer la confiance au sein de la majorité, de compromettre la solidarité politique et de fragiliser la cohésion autour du président de la République », a-t-il ajouté.
L’analyste conclut que la véritable responsabilité des élus issus du parti présidentiel serait de privilégier le dialogue, de renforcer l’unité et de préserver les alliances construites dans l’intérêt supérieur de la Nation.
« Toute autre attitude ne peut être perçue que comme une dérive politicienne aux conséquences dangereuses », a-t-il averti.
La commission spéciale temporaire dispose jusqu’à ce samedi 20 septembre pour déposer son rapport concernant cette pétition visant cinq membres du bureau de l’Assemblée nationale : Vital Kamerhe (président), Jacques Ndjoli (rapporteur), Dominique Munongo (rapporteure adjointe), Chimène Polipoli (questeur) et Grâce Neema (questeure adjointe).
