Kinshasa, 13 décembre 2025- Les États-Unis ont exprimé une vive inquiétude face à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, accusant le Rwanda de contribuer à une escalade militaire régionale.
Pour leur première intervention officielle en tant que pays médiateur de l’accord de Washington, les autorités américaines se sont dites « profondément préoccupées et extrêmement déçues » par le comportement de Kigali, estimant que les agissements rwandais compromettent les efforts de paix en cours.
S’exprimant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant des États-Unis a indiqué que de nouvelles informations confirment « l’ampleur et la sophistication de l’intervention du Rwanda » en RDC. Il a affirmé que cette implication vise à atteindre des objectifs militaires précis aux côtés de la rébellion du M23. Washington soutient également que le président rwandais Paul Kagame serait personnellement impliqué dans les opérations menées sur le terrain congolais.
Selon l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, entre 5 000 et 7 000 soldats rwandais seraient actuellement déployés dans l’Est de la RDC. Il a précisé que plusieurs systèmes de missiles sol-air auraient été installés afin d’appuyer les combattants du M23. Toujours selon la partie américaine, l’offensive conjointe entre l’armée rwandaise et le M23 viserait notamment la prise de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, avec l’utilisation de drones kamikazes de fabrication turque.
Face à cette situation, Washington dénonce une dynamique contraire aux engagements diplomatiques pris dans les cadres de Doha et de Washington. « Au lieu d’avancer vers la paix, le Rwanda amène la région vers la guerre », a déclaré le représentant américain, ajoutant que les États-Unis « utiliseront tous les outils à leur disposition pour mettre un terme à cette escalade ».
Cette réunion du Conseil de sécurité s’est également penchée sur la question du renouvellement du mandat de la MONUSCO. Les États-Unis plaident pour que la mission onusienne dispose de moyens renforcés afin de contribuer efficacement à l’application des processus de paix en cours. Cette position intervient alors que plusieurs pays africains ont suggéré que le renouvellement du mandat de la MONUSCO s’accompagne d’un redéploiement de ses forces dans certaines zones où sa présence est jugée moins nécessaire, notamment dans le Sud-Kivu.
Pour Washington, la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC ne peut toutefois trouver une solution durable par la seule voie militaire. Les États-Unis insistent sur le fait que « la solution demeure fondamentalement politique » et appellent à « un changement de paradigme » dans la réflexion sur le mandat de la MONUSCO ainsi que sur l’approche internationale de la crise congolaise.
