Kinshasa, 16 décembre 2025- Malgré la récente déclaration du groupe armé AFC/M23 concernant son départ solitaire d’Uvira, une décision prise, dit-on, à l’instigation des États-Unis, principal garant de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, la réalité du terrain au Nord-Kivu semble bien différente. De nombreuses informations laissent en effet entrevoir une intensification des mouvements de leurs combattants et de leur matériel de guerre à travers plusieurs localités de la région.
Dès le week-end dernier, des signes préoccupants sont apparus dans le territoire de Lubero. Des déplacements importants de combattants de l’AFC/M23 ont été rapportés dans plusieurs de leurs zones de contrôle. C’est la société civile locale, depuis Lubero-centre, qui a d’abord sonné l’alarme, des informations ensuite corroborées par de multiples témoignages. Ces agitations se manifestent notamment sur des routes clés comme Kipese, Munyakondomi, Masereka et la partie sud du territoire.
Plus concrètement, le lundi 15 décembre, en plein après-midi, plusieurs véhicules remplis de renforts militaires ont été vus traverser la localité de Kirumba. Ils se dirigeaient vers le nord du territoire de Lubero, après être partis du centre PENA, situé à Rutshuru. Ces mouvements, scrutés par de nombreux observateurs, font naître une anxiété palpable quant à une possible poussée du groupe vers des lieux stratégiques comme Lubero-centre, Butembo et Beni.
Face à cette situation, les voix des acteurs locaux s’élèvent, alertant sur un risque imminent de reprise des affrontements, après une période de calme relatif qui avait duré plusieurs mois. Ils ne manquent pas de souligner le sort difficile des populations vivant sous la coupe des rebelles, suppliant les autorités congolaises de prendre des mesures rapides pour enrayer l’avancée de l’AFC/M23 et libérer les zones qu’il occupe.
Interrogé sur ces événements, le lieutenant-colonel Kiwewa Mitela Alain, administrateur militaire du territoire de Lubero, a fait preuve d’une grande prudence. Balayant du revers de la main ces informations qu’il a qualifiées de « rumeurs », il a indiqué qu’il ne s’exprimerait officiellement que lorsque des éléments fiables et vérifiables seraient en sa possession.
Non loin de là, dans le territoire de Walikale, une situation similaire se dessine. Des renforts de l’AFC/M23 y ont été observés à Mpety, dans la zone de Banakindi, dès la semaine passée. Cette localité, à seulement 18 kilomètres de Pinga, a vu l’arrivée de nombreux combattants et de leurs munitions. En l’absence de pont à Minjenje, les rebelles auraient même contraint des habitants de Kalembe à transporter leur équipement militaire.
Le dernier convoi aurait atteint Mpety dimanche après-midi, une information confirmée par des sources sécuritaires à Pinga. Les autorités locales croient que ces mouvements préparent une offensive contre Pinga, une ville stratégique convoitée depuis longtemps. L’angoisse gagne inévitablement les habitants face à cette menace croissante.
