Kinshasa, 05 janvier 2026- Un dignitaire du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary, s’est retrouvé interpellé en plein cœur de la nuit du mardi 16 décembre, chez lui à Kinshasa, par un groupe d’individus armés. Trois semaines après cet événement troublant, la formation politique de Joseph Kabila signale l’absence totale d’informations concernant le sort de celui qui fut le successeur désigné de l’ex-président lors des élections de 2018.
Sollicité par téléphone le lundi 5 janvier par nos confrères d’Actualité.cd, Ferdinand Kambere, occupant le poste de secrétaire permanent adjoint au sein du PPRD, a fait savoir que le mouvement politique allait organiser une rencontre cette semaine afin de faire le point sur cette affaire.
Il a alors déclaré : « Jusque-là il n’y a pas de suite. Mais nous allons nous réunir cette semaine pour en faire une évaluation ».
Actualité.cd, citant des proches, avait en effet rapporté que Ramazani Shadary avait été interpellé aux alentours de trois heures du matin, dans sa demeure, par des hommes en armes, certains vêtus en civil, avant d’être conduit vers un lieu dont personne ne connaît l’adresse à ce jour. Par ailleurs, le même jour, la branche de la diaspora du PPRD avait publié un communiqué pour dénoncer fermement cette interpellation, qualifiée de « sans information immédiate de la famille et sans garanties procédurales ». Le texte allait plus loin, y voyant un véritable « enlèvement politique » et pointant du doigt la responsabilité des autorités, accusées de couvrir cet acte.
Wivine Paipo Ngweli, son épouse, avait révélé que son conjoint avait été pris en charge par un groupe impressionnant d’environ quarante hommes armés, parmi lesquels figuraient des membres de la Garde Républicaine et des agents en tenue civile. Ces derniers s’étaient présentés avec « six jeeps et un bus de couleur blanche ». La femme de Ramazani Shadary a confirmé : « Ils ont arrêté mon mari. Ils ont aussi pris la bonne, trois policiers et un de ses chauffeurs ». Elle a ajouté que les individus présents avaient assuré qu’ils « ramèneraient » son époux à son domicile, une promesse restée sans suite.
Peu après l’incident impliquant Shadary, un autre cadre du parti, Dunia Kilanga, Secrétaire national chargé de la mobilisation, a également été la cible d’un enlèvement. Aux environs de minuit, le mardi 30 décembre, il fut lui aussi appréhendé à son domicile de Kinshasa et emmené vers un lieu inconnu, comme l’a rapporté le PPRD Europe, qui réclame désormais la libération immédiate des deux hommes.
