Kinshasa, 22 janvier 2026- Le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a officiellement demandé des explications au Directeur général de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM) concernant d’importantes sorties de fonds opérées sous l’intitulé de « Fonds secret de recherche ».
Dans une correspondance datée du 22 janvier 2026, transmise pour information au Président de la République, à la Première ministre ainsi qu’au Président du Conseil d’administration de l’OGEFREM, le ministre indique que son attention a été attirée par des décaissements mensuels jugés inhabituels effectués au cours de l’exercice 2025.
Selon le document, ces décaissements, enregistrés sous la rubrique « Fonds secret de recherche », atteindraient un montant annuel dépassant 1,6 million de dollars américains. Le ministre fonde notamment sa démarche sur l’émission d’un Ordre de Transfert National d’Equity BCDC, daté du 6 janvier 2025, portant sur un montant de 150 000 USD, joint en annexe à la correspondance.
Jean-Pierre Bemba Gombo souligne que ce type de fonds est généralement réservé aux services et ministères de souveraineté chargés d’enquêtes et d’investigations, ce qui, selon lui, ne correspond pas aux missions légales de l’OGEFREM, telles que définies par le décret n°09/63 du 3 décembre 2009 fixant les statuts de cet établissement public.
Face à cette situation, le ministre exige du Directeur général de l’OGEFREM de lui fournir, dans un délai de 24 heures dès réception de la lettre, des explications détaillées justifiant l’existence, l’utilisation et la destination de ces fonds.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement de la transparence et du suivi rigoureux de la gestion financière des entreprises publiques, un axe régulièrement mis en avant par les autorités congolaises dans leur lutte contre les pratiques de mauvaise gouvernance.
La sortie de cette correspondance relance le débat sur la gestion des fonds publics, en particulier ceux classés comme sensibles ou spéciaux, et pourrait déboucher sur des mesures administratives ou judiciaires si des irrégularités venaient à être confirmées.
