Kinshasa, 4 février 2026- Une délégation de Congolais Banyamulenge vivant aux États-Unis d’Amérique a dénoncé, mardi à Washington, l’instrumentalisation de leur communauté par le Rwanda pour justifier l’agression armée dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette prise de position a été exprimée lors d’un échange avec le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, dans un contexte marqué par la persistance des violences dans les provinces orientales du pays.
Selon les membres de cette délégation, Kigali chercherait à se servir de la question Banyamulenge comme prétexte politique et sécuritaire pour légitimer son implication dans le conflit, notamment à travers le soutien présumé aux groupes rebelles actifs dans la région.
« Nous avons attendu longtemps d’avoir des canaux de communication avec les autorités de notre pays. Aujourd’hui, c’est chose faite », s’est réjouie Me Émilie Muhizi, présidente d’une mutualité des Banyamulenge aux États-Unis, saluant cette rencontre comme une étape importante vers un dialogue direct avec Kinshasa.
Les représentants de la diaspora ont insisté sur leur attachement à la RDC et ont rejeté toute tentative de confusion entre leur communauté et les ambitions du Rwanda dans la sous-région.
L’échange a également été marqué par des propos fermes de Bosco Manyota, ancien militaire Munyamulenge, qui a exprimé sa détermination à voir l’armée congolaise reprendre le dessus sur le terrain.
« Les militaires rwandais sont des peureux. Nous, militaires congolais, sommes plus aguerris que les soldats rwandais.
Nous devons juste nous organiser et gagner cette guerre », a-t-il déclaré en lingala, appelant à une meilleure mobilisation nationale face à l’agression.
Cette sortie médiatique intervient alors que les autorités congolaises multiplient les efforts diplomatiques pour dénoncer l’implication du Rwanda dans l’insécurité persistante à l’Est du pays.
Pour la délégation Banyamulenge, il est urgent que la communauté internationale comprenne que cette population congolaise ne saurait être utilisée comme outil politique dans un conflit qui menace l’unité nationale et la souveraineté de la RDC.
