Kinshasa, 16 février 2026- Les États-Unis ont officiellement dénoncé une « violation grave » de l’Accord de Washington après la prise de la ville d’Uvira par le M23, un mouvement rebelle soutenu par Kigali, selon Washington.
Cette déclaration a été faite sur France 24 par le conseiller américain Massad Boulos, qui a pointé la responsabilité du M23 et du Rwanda dans cette nouvelle escalade dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon lui, malgré un retrait partiel des rebelles après une intervention américaine, le M23 maintient des positions autour d’Uvira, ce qui constitue, aux yeux de Washington, une entorse claire aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington.
Massad Boulos a rappelé que cet accord avait été signé en présence de l’ancien président américain Donald Trump, engageant politiquement les chefs d’État concernés à en respecter strictement les termes. Il a averti que les États-Unis « ne prendront pas ça à la légère », soulignant que la confiance envers le président rwandais Paul Kagame est désormais fragilisée.
Washington estime qu’il ne s’agit pas d’un simple incident diplomatique, mais d’une rupture de confiance stratégique. Le conseiller américain a insisté sur le fait que les États-Unis attendent des actions concrètes sur le terrain et non de simples déclarations.
En réponse aux critiques américaines, Paul Kagame a déclaré ne pas se soucier d’éventuelles sanctions. Une position à laquelle Massad Boulos a réagi avec prudence « On a entendu ses déclarations… on verra ».
Il a rappelé que Washington dispose déjà d’outils coercitifs, ayant par le passé sanctionné des individus et des entités liés au commerce illicite ainsi que le général James Kabarebe.
Le conseiller a confirmé que de nouvelles mesures sont prévues « dans un futur proche », n’excluant pas des sanctions de niveau plus élevé si la situation ne s’améliore pas.
La ville d’Uvira reste ainsi au centre des préoccupations diplomatiques.
Son évolution sera étroitement surveillée par Washington, qui exige des garanties concrètes du respect de l’accord et un retour durable à la stabilité dans la région des Grands Lacs.
