Kinshasa, 21 février 2026- La situation sanitaire dans la ville et le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, connaît une dégradation préoccupante dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les affrontements armés. Les autorités provinciales de santé évoquent un système de soins fragilisé, confronté à la fois à des épidémies actives, à un afflux de blessés et à des difficultés logistiques majeures.
Selon la Division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu, les structures sanitaires locales subissent les conséquences de l’occupation de certaines zones par les rebelles du M23, que Kinshasa accuse d’être soutenus par des éléments rwandais.
Cette situation aurait entraîné une fragmentation du système de santé, limitant l’accès aux soins dans plusieurs aires de santé et compliquant la coordination des interventions.
Entre les semaines épidémiologiques 1 et 5 de l’année 2026, 2 682 cas suspects de choléra ont été enregistrés, dont 41 décès, soit un taux de létalité de 1,5 %. À titre de comparaison, l’année 2025 avait totalisé 13 027 cas et 99 décès (0,76 %), tandis qu’en 2024, 3 668 cas et 29 décès avaient été notifiés.
Les analyses de laboratoire indiquent que, sur 96 échantillons examinés, 49 se sont révélés positifs au vibrion cholérique, correspondant à un taux de positivité de 51 % à la semaine épidémiologique 5. Quinze zones de santé ont déclaré des cas.
Au-delà du choléra, les autorités sanitaires signalent une résurgence de la mpox ainsi que des flambées de rougeole. Parallèlement, les structures médicales font face à un afflux important de blessés liés aux affrontements armés.
Au total, 34 zones de santé seraient affectées par l’insécurité et les épidémies combinées. Les cas de violences basées sur le genre (VBG) et de violences physiques sont également signalés comme étant en augmentation, notamment parmi les populations déplacées.
Dans les zones de santé d’Uvira, de Ruzizi et de Fizi, 2 304 blessés liés aux violences armées ont été documentés, avec plusieurs décès signalés. Une partie des cas chirurgicaux les plus graves a été prise en charge avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en soutien aux structures locales.
La DPS attribue cette dégradation à plusieurs facteurs liés au contexte sécuritaire, notamment la confiscation de véhicules administratifs, l’inaccessibilité géographique de certaines aires de santé et les contraintes de déplacement imposées aux équipes médicales.
Face à cette situation, les autorités nationales ont annoncé un appui d’urgence.
À l’issue d’une mission d’évaluation conduite le 19 février par une délégation des ministères concernés, quatre camions transportant plus de 35 tonnes de médicaments, d’équipements médicaux et d’intrants essentiels sont arrivés à Uvira le 20 février.
Selon la présidence, cet appui vise à renforcer la prise en charge du choléra, de la mpox, de la rougeole et des traumatismes liés aux violences armées, dans un contexte où l’accès aux soins demeure fortement perturbé dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
