Kinshasa, 24 février 2026- Les organisations de la société civile saluent, à travers une note d’analyse rendue publique, les conclusions de la Commission interministérielle spéciale d’enquête sur le déversement des eaux du bassin de rétention de l’entreprise CDM à Joli Site, à Lubumbashi.
Dans ce document, elles qualifient le travail abattu de démarche rigoureuse et multidisciplinaire, menée avec l’appui d’experts universitaires, de techniciens des services publics et de spécialistes indépendants en environnement, en santé publique, en droit ainsi qu’en ingénierie minière.
Selon la note, la Commission a structuré ses investigations en sous-commissions thématiques afin d’examiner toutes les dimensions de l’incident : causes techniques, impacts environnementaux, effets sanitaires et sociaux, ainsi que les aspects juridiques et de gouvernance. Les analyses se sont appuyées sur des prélèvements d’eau et de sols examinés en laboratoire, des données satellitaires et des enquêtes réalisées auprès des ménages affectés.
Sur le volet financier, la Commission propose une indemnisation globale de 6 682 067 dollars américains, répartie entre compensations individuelles et réparation collective forfaitaire. Elle recommande également des pénalités pécuniaires estimées à 6 628 910 dollars.
Toutefois, les OSC relèvent que la réparation ne saurait être uniquement financière.
Le rapport prévoit aussi l’élaboration de plans d’urgence, la mise en œuvre d’un programme structuré de dépollution et de réhabilitation des sols et des eaux, l’installation de puits de surveillance, des stations de mesure de la qualité de l’air ainsi que des travaux de drainage et de traitement des effluents.

Les recommandations s’appuient sur les textes légaux en vigueur, notamment le Règlement minier, la loi-cadre sur l’environnement et la loi relative à l’eau, en invoquant le principe du pollueur-payeur et la responsabilité de l’entreprise pour les dommages causés aux personnes, aux biens et à l’environnement.
Concernant les impacts sanitaires à moyen et long terme, la Commission recommande une prise en charge des victimes potentielles sur une période d’au moins cinq ans, via un mécanisme indépendant. Elle suggère également que la réparation collective inclue des investissements durables en santé publique, notamment la construction d’infrastructures sanitaires au bénéfice des communautés touchées.
À travers cette note, les organisations signataires affirment leur engagement en faveur d’une réparation équitable, mesurable et durable, tout en plaidant pour le renforcement des mécanismes de suivi et de prévention des incidents miniers dans la province du Haut-Katanga.
