Kinshasa, 26 février 2026- Ce mercredi 24 février, le gouvernement congolais a officiellement rouvert la frontière entre la République démocratique du Congo et la République du Burundi à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, marquant une nouvelle étape dans le processus de rétablissement de l’autorité de l’État dans l’est du pays.
La cérémonie a été présidée par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, en présence des autorités provinciales et de représentants burundais. Cette décision intervient après le retrait de la coalition rebelle M23-RDF-AFC de plusieurs positions dans la région, ouvrant la voie à une reprise progressive des activités administratives et économiques.
Située sur les rives du lac Tanganyika, la ville d’Uvira constitue un carrefour stratégique pour les échanges commerciaux entre l’est de la RDC et le Burundi. La fermeture de la frontière avait fortement perturbé le petit commerce transfrontalier, les chaînes d’approvisionnement locales ainsi que certains flux humanitaires, fragilisant davantage une population déjà affectée par les tensions sécuritaires.
En procédant à cette réouverture, Kinshasa entend envoyer un signal de normalisation progressive de la situation sécuritaire et administrative. Le déplacement du Vice-Premier ministre ne s’est pas limité à la cérémonie protocolaire.
Aux côtés du ministre de l’Intégration régionale et de la ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, il a également présidé un Conseil provincial de sécurité élargi, en présence du gouverneur du Sud-Kivu et des responsables des services de défense et de sécurité.
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’accompagner la stabilisation militaire par la remise en marche de l’administration civile, le renforcement de la présence des services de l’État et la relance des activités économiques. Selon elles, le retour durable de l’ordre public passe par une approche combinant sécurité, intégration régionale et prise en charge des populations affectées.
Pour les observateurs, la réouverture de la frontière d’Uvira constitue également un test de coordination entre Kinshasa et Bujumbura, dans un contexte régional marqué par des tensions récurrentes et des accusations croisées. Dans l’espace des Grands Lacs, la sécurité demeure étroitement liée aux dynamiques transfrontalières, rendant indispensable une coopération constante entre États voisins.
Le gouvernement congolais affirme vouloir inscrire son action dans une logique d’intégration régionale pragmatique, en misant sur la fluidité des échanges et la consolidation de l’autorité de l’État. Reste à savoir si cette dynamique pourra se maintenir face aux défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC.
