Kinshasa, 13 mars 2026- Des avocats représentant des membres de la communauté banyamulenge de la République démocratique du Congo ont annoncé avoir déposé, le 11 mars 2026, une plainte officielle devant la Cour de justice de l’Afrique de l’Est (EACJ), au sous-greffe de Nairobi, contre le gouvernement congolais.
Selon ces avocats, cette action judiciaire vise à dénoncer la crise persistante dans les Hauts Plateaux des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, ainsi que de graves violations du droit international humanitaire qui auraient été commises contre des populations tutsi-banyamulenge. Ils accusent notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés d’attaques visant l’élimination de cette communauté et la destruction de ses lieux de culte.
D’après les plaignants, plusieurs églises appartenant à cette communauté auraient été détruites au cours des violences. Les avocats soulignent que ces édifices ne servent pas uniquement de lieux de prière.
Dans la communauté banyamulenge, ils jouent aussi un rôle social important en servant de centres de coordination, de distribution de nourriture, de conseil, d’éducation et parfois d’abris d’urgence pour les populations déplacées. Leur destruction entraînerait ainsi le démantèlement de structures essentielles de soutien communautaire.
Cette procédure judiciaire intervient après une autre affaire introduite en avril 2025 par l’ISOKO, une organisation représentant notamment des Tutsi du Nord-Kivu ainsi que des membres des communautés Hema et banyamulenge. Selon les initiateurs de cette démarche, ces communautés auraient également été victimes de violences dont la portée resterait insuffisamment prise en compte sur le plan international.
Par ailleurs, les avocats ont indiqué avoir introduit une requête en réplique devant la même juridiction contre le gouvernement du Burundi dans une affaire liée à un blocus présumé affectant la communauté banyamulenge, après la soumission de la réponse officielle de ce pays.
Cependant, cette initiative judiciaire suscite des interrogations au sein de l’opinion publique congolaise quant à la représentativité des plaignants. Récemment, un autre groupe se réclamant de la communauté banyamulenge avait été reçu par les autorités congolaises, dont le président Félix Tshisekedi.
À l’issue de cette rencontre, ces représentants avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme une manipulation de certains acteurs politiques derrière leur communauté.
Ils avaient également affirmé ne pas avoir mandaté une quelconque délégation pour parler en leur nom sur la scène internationale.
Ces divergences internes alimentent ainsi le débat sur l’identité des personnes habilitées à représenter la communauté banyamulenge dans ce type de démarches judiciaires internationales.
Dossier à suivre.
