Kinshasa, 17 mars 2026- La session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’est ouverte lundi à Kinshasa dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et des défis économiques majeurs.
Dans son discours d’ouverture, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe a lancé un appel solennel à l’unité nationale et à la mobilisation des institutions pour faire face aux enjeux actuels.
« L’heure n’est pas aux divisions internes, mais au rassemblement de toutes les forces vives de la nation », a-t-il déclaré devant les députés réunis.
L’Est du pays au cœur des préoccupations
Une large partie de son intervention a été consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Le président de la Chambre basse a dénoncé l’agression attribuée au Rwanda et à ses alliés du mouvement AFC/M23, accusés d’occuper plusieurs localités stratégiques depuis 2025, notamment Goma et Bukavu.
Selon lui, ces affrontements ont provoqué des déplacements massifs de populations et aggravé une crise humanitaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Il a également évoqué les attaques répétées des Forces démocratiques alliées (ADF), actives notamment dans les territoires de Beni et Lubero, ainsi que dans certaines zones de l’Ituri.
Face à ces menaces, il a salué la détermination des Forces armées de la République démocratique du Congo et appelé la population à soutenir les efforts du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, commandant suprême des forces de défense et de sécurité.
Diplomatie et accords internationaux
Sur le plan diplomatique, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe a évoqué l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda en juin 2025 à Washington. La ratification de cet accord devrait être examinée au cours de cette session parlementaire.
Il a également mis en avant les perspectives du partenariat stratégique conclu avec les États-Unis, notamment dans les domaines de la sécurité, des investissements et de la valorisation des ressources minières, visant à renforcer l’attractivité économique du pays.
Pression sur les finances publiques
Sur le plan économique, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes publiques afin de soutenir les politiques de développement.
Il a évoqué les effets du taux de change ainsi que le ralentissement temporaire de certaines recettes minières, appelant le gouvernement à soumettre une loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.
La lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et la corruption a été présentée comme une priorité pour consolider durablement les finances publiques.
