Kinshasa, 21 mars 2026- Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa, Delly Sesanga a livré une critique frontale du bilan du président Félix Tshisekedi, martelant qu’il reste exactement 946 jours avant la fin de son second et dernier mandat.
Dans une allocution au ton ferme, l’opposant a dressé un tableau sombre de la gouvernance économique du pays. Il évoque une forte hausse de la masse salariale de la fonction publique, qu’il estime passée de 450 à près de 1 000 milliards de francs congolais mensuels depuis 2023.
À cela s’ajoutent, selon lui, le recours fréquent aux procédures d’urgence pour exécuter les dépenses publiques ainsi qu’un endettement croissant, la dette dépassant désormais les 13 milliards de dollars. Delly Sesanga dénonce un État « hypertrophié et asphyxié », contraint d’émettre des bons du Trésor pour assurer le paiement des salaires.
Sur le plan sécuritaire, tout en condamnant l’agression rwandaise et en exigeant le retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire national, il rejette toute tentative de justification du bilan gouvernemental par ce contexte. Il questionne notamment l’utilisation des 13,65 milliards de dollars alloués au secteur de la défense depuis 2019, estimant que la situation sécuritaire demeure préoccupante, voire en dégradation.
Le point le plus sensible de son intervention concerne l’éventualité d’une révision constitutionnelle. Delly Sesanga qualifie cette hypothèse de « haute trahison » et s’appuie sur les dispositions de l’article 64 de la Constitution, qui autorise les citoyens à s’opposer à toute prise de pouvoir contraire à la loi fondamentale.
Par ailleurs, il lance un appel à l’unité de l’opposition, de la société civile ainsi que de certains membres de l’Union sacrée, en vue de défendre la Constitution et de préparer les échéances électorales de 2028 en République démocratique du Congo.
