Kinshasa, 23 mars 2026- L’ancien ministre François Rubota a appelé ce lundi 23 mars, à une refonte en profondeur de la Constitution de la République démocratique du Congo, estimant que le texte actuel n’a pas permis de répondre aux défis majeurs du pays, notamment en matière de gouvernance et de stabilité nationale.
Dans un plaidoyer rendu public, il propose une série de réformes jugées structurantes pour renforcer l’unité nationale et rationaliser le fonctionnement des institutions.
Au cœur de ses propositions figure la suppression du Sénat et des assemblées provinciales, qu’il considère comme des institutions coûteuses et peu efficaces dans leur fonctionnement actuel.
Sur le plan politique, François Rubota met en cause la prolifération des partis politiques qu’il juge excessive et nuisible à la cohésion nationale. Il appelle ainsi à un encadrement plus strict du pluralisme politique afin de limiter les dérives et renforcer la lisibilité de l’offre politique.
L’ancien ministre insiste également sur la nécessité de réaffirmer la souveraineté de l’État sur les ressources naturelles et les espaces stratégiques du pays, notamment le sol, le sous-sol, les eaux, les forêts ainsi que les espaces aériens et maritimes, qu’il estime essentiels pour garantir l’indépendance économique de la RDC.
Sur le plan institutionnel, il propose un passage à un système présidentiel plus affirmé, avec un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois, accompagné d’un scrutin à deux tours. Selon lui, cette réforme permettrait d’assurer une plus grande stabilité politique et une mise en place plus rapide des institutions après les élections.
Parmi les autres mesures avancées, François Rubota évoque la garantie de la nationalité congolaise pour les citoyens d’origine, la nomination des gouverneurs et vice-gouverneurs par le président de la République afin de réduire les tensions identitaires, ainsi que le renforcement de la souveraineté nationale dans la conclusion des accords internationaux.
Il propose par ailleurs que toute réforme constitutionnelle soit soumise à l’approbation du peuple, conformément aux mécanismes prévus par la Constitution.
Réagissant aux propos de l’ancien président Joseph Kabila sur une éventuelle “soudanisation” du pays, François Rubota a rejeté toute hypothèse de fragmentation territoriale.
Il a insisté sur les liens historiques et sociaux unissant les différentes régions du pays, affirmant que la RDC demeure « une et indivisible ».
Cette prise de position relance le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par des tensions politiques récurrentes et des appels croissants à des réformes institutionnelles.
