Goma, 31 mars 2026- La pression s’intensifie sur les acteurs humanitaires et les défenseurs des droits humains dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23, où les incidents ciblant ces civils engagés se multiplient et suscitent une vive inquiétude.
Lundi 30 mars, à Kalembe, dans la zone de santé de Mweso en territoire de Masisi (Nord-Kivu), deux agents humanitaires ont été violemment pris pour cible par des éléments armés de l’AFC/M23, selon plusieurs sources locales. L’infirmier titulaire du centre de santé de Kalembe, Kapita Lucien, a été blessé par balle à la main après avoir été passé à tabac par des hommes armés en plein service.
Le coordinateur local de la Croix-Rouge, Byamungu Mauwa Samson, a également subi des sévices physiques lors de cet incident.
D’après des témoignages recueillis sur place, les deux hommes auraient été accusés sans preuves formelles d’entretenir des liens avec les groupes d’autodéfense appelés « wazalendo ». Après les violences, ils ont été embarqués de force à moto par leurs ravisseurs vers une destination inconnue.
Depuis, leur sort reste incertain, ce qui alimente l’angoisse au sein de la communauté locale et des structures sanitaires de la région.
Cet épisode intervient dans un contexte marqué par une multiplication des atteintes contre les acteurs humanitaires dans les zones sous contrôle rebelle. À Goma, les organisations de défense des droits humains dénoncent notamment l’arrestation et la détention de Me Selemani Kakesa Justin, également agent humanitaire.
Selon des informations concordantes, ce dernier a été interpellé le 26 mars 2026 sur l’île d’Idjwi, peu après son arrivée dans le cadre d’une mission pour l’ONG ZOA. Il a ensuite été transféré à Goma le 27 mars, où il serait détenu dans un cachot connu localement sous le nom de « Chien méchant ». Plusieurs sources évoquent des actes de torture et signalent une dégradation inquiétante de son état de santé, déjà fragile avant son arrestation.
Face à cette situation, les organisations locales de défense des droits humains dénoncent un climat de méfiance et de répression croissante à l’encontre des humanitaires, souvent accusés de collusion avec des groupes armés sans éléments tangibles.
Elles appellent les autorités congolaises ainsi que la communauté internationale à se mobiliser en urgence afin de garantir la protection des civils engagés dans l’assistance humanitaire et la défense des droits fondamentaux dans les zones affectées par le conflit au Nord-Kivu.
