Kinshasa, 02 décembre 2024- Le débat sur la révision de la Constitution en RDC s’intensifie, opposant partisans et détracteurs. Si le président Félix Tshisekedi affirme que cette réforme vise à assurer un avenir stable pour les générations futures, l’opposition, menée par des figures comme Olivier Kamitatu, critique vivement cette initiative, la qualifiant de menace pour la paix nationale.
Dans une déclaration récente, Olivier Kamitatu, porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, a dénoncé ce qu’il perçoit comme une tentative de Félix Tshisekedi de manipuler les institutions pour prolonger son pouvoir. Selon lui, le président ne dispose pas d’arguments convaincants pour justifier ce projet et risque de plonger le pays dans une instabilité profonde. “Tout indique que le chef de l’État semble prêt à embraser la nation”, a-t-il affirmé.
Kamitatu s’est également indigné d’une vidéo virale montrant la distribution d’uniformes militaires par des civils à Limete. Selon lui, cette situation, combinée à des rapports faisant état de la distribution de machettes à des milices supposées proches du pouvoir, place la RDC au bord d’un conflit majeur. “Le pays se trouve aux portes d’une guerre civile”, a-t-il averti, comparant le contexte actuel aux tragédies des années 1990 au Libéria et en Sierra Leone.
Dans sa déclaration, il a accusé certains responsables proches de Félix Tshisekedi, tels qu’Augustin Kabuya, de mettre en place une politique de la terre brûlée. Kamitatu a même évoqué le risque de voir émerger des figures congolaises comparables aux anciens chefs de guerre Charles Taylor et Foday Sankoh, connus pour leurs exactions en Afrique de l’Ouest. “Cette politique doit être dénoncée avant qu’il ne soit trop tard”, a-t-il lancé.
Le projet de révision constitutionnelle cristallise les divisions au sein de la classe politique congolaise. Des leaders comme Martin Fayulu se sont également opposés fermement à cette initiative, accusant le président Tshisekedi de vouloir affaiblir les institutions démocratiques pour prolonger son mandat. L’opposition reste unanime dans son rejet, qualifiant la réforme de menace pour l’équilibre institutionnel et politique du pays.
Pour l’heure, la situation reste tendue, et les observateurs craignent que ce débat houleux ne ravive les tensions politiques et sociales déjà latentes en RDC. Alors que les critiques s’intensifient, l’avenir de cette réforme pourrait déterminer le climat politique des mois à venir.