Kinshasa, 22 février 2025- Revenant sur la question de la sécurité nationale face à l’agression rwandaise à l’Est de la République, André Mbata, professeur, constitutionnaliste et cadre de l’UDPS, a une nouvelle fois mis en évidence les limites de la Constitution en matière de guerre.
Selon lui, si la RDC n’a pas encore déclaré la guerre au Rwanda, en raison d’un blocage constitutionnel. Il a souligné que, conformément à l’article 86 de la Constitution, une déclaration de guerre nécessite l’autorisation préalable du Parlement.
« Il faut une autorisation du Parlement. L’avis du Conseil supérieur de la Défense peut être obtenu facilement. Donc, il ne faut pas trop s’en prendre au président de la République », a expliqué Mbata lors d’une récente conférence organisée à l’Université de Kinshasa.
Le professeur a toutefois rappelé que l’article 63, qui évoque la défense de la patrie, impose à tout Congolais, sans distinction, le devoir de protéger le pays face à une agression. Ce devoir est d’autant plus crucial dans le contexte actuel, où le Rwanda représente une menace pour la souveraineté congolaise.
Mbata a également dénoncé la nomination, par des groupes rebelles, d’autorités provinciales au Nord-Kivu, affirmant que de tels actes violent la Constitution. Il a accusé certains responsables politiques, notamment Corneille Nangaa, de manipuler la situation et de bafouer la loi fondamentale du pays.
Enfin, le professeur a estimé que ces moments critiques devraient pousser à une révision de la Constitution, notamment en rendant le service militaire obligatoire et en permettant une réaction plus rapide face aux agressions extérieures.