Kinshasa, 26 février 2025- L’insécurité atteint un nouveau seuil à Bukavu. Ce mercredi, trois jeunes ont été tués par balles dans le quartier Panzi-Essence par des hommes armés non identifiés. Ce drame survient au lendemain du lynchage d’un individu en uniforme militaire, soupçonné d’être à l’origine des troubles dans la zone. La population, excédée par l’insécurité persistante, avait décidé de se faire justice elle-même.
D’après des témoins, l’homme en tenue militaire a été brûlé vif par des habitants furieux, qui le considéraient comme un acteur clé de l’instabilité locale. Jusqu’à ce mercredi avant midi, son identité n’avait toujours pas été confirmée par les autorités. Ce climat de violence a créé une panique généralisée parmi les habitants du quartier.
Face à ces événements, de nombreux habitants de Panzi-Essence ont fui vers d’autres quartiers de la ville, craignant des représailles ou une escalade des violences. Les rues se sont vidées progressivement, laissant place à un silence inquiétant, marqué par la peur et l’incertitude.
La situation est d’autant plus préoccupante que Bukavu est sous le contrôle exclusif des rebelles du M23 depuis plusieurs semaines. L’absence d’une force de sécurité officielle alimente un sentiment d’abandon et de vulnérabilité parmi la population. Les assassinats de ce mercredi renforcent l’impression que la ville est livrée à elle-même, où la loi du plus fort semble dicter son rythme.
Les habitants attendent une réaction des autorités, mais pour l’instant, aucun communiqué officiel n’a été publié. Pendant ce temps, la peur et la méfiance s’installent durablement à Panzi et dans le reste de Bukavu, où la population vit au jour le jour, redoutant de nouveaux épisodes de violence.