Kinshasa, 01 avril 2025- Dans un climat de grande discrétion, les négociations entre le gouvernement congolais et la coalition M23-AFC se poursuivent à Doha d’après la RFI. Le Qatar, en véritable maître du jeu, contrôle la communication et impose une approche feutrée. Cette stratégie aurait même permis un rapprochement indirect entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, là où d’autres tentatives diplomatiques ont échoué.
Jusqu’ici, les pourparlers restent préliminaires. Les délégations ont d’abord été consultées séparément avant une première rencontre directe. Composées principalement de techniciens, elles incluent des experts en renseignement et des militaires, suggérant une approche méthodique plutôt que strictement politique.
Du côté du M23-AFC, la méfiance est de mise. Le groupe redoute un scénario similaire à celui de juin 2024, où des discussions en Ouganda avaient conduit à l’arrestation d’un négociateur congolais. Avant de s’engager plus avant, le mouvement exige des garanties concrètes pour éviter un nouveau revers.
Le calendrier des négociations a également été perturbé par la fin du ramadan, ralentissant les discussions ces derniers jours. Toutefois, les observateurs estiment qu’un second round est prévu, avec des discussions qui aborderont enfin le fond du dossier.
Si Doha semble offrir un cadre propice à la diplomatie de l’ombre, les précédentes tentatives montrent que la méfiance entre Kinshasa et le M23 reste un frein majeur. Les véritables concessions viendront-elles au prochain tour de table ? Rien n’est moins sûr.
À ce stade, tout reste à jouer. Entre prudence et manœuvres diplomatiques, ce dialogue sous haute tension pourrait aussi bien déboucher sur un tournant historique que sur une impasse de plus.