Adolphe Muzito, ancien Premier ministre et figure de l’opposition républicaine, surprend par un changement stratégique. À l’issue d’une consultation vendredi avec le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, le leader du parti Nouvel Élan a annoncé sa volonté de rejoindre le futur Gouvernement d’Union nationale. Un revirement motivé, selon lui, par l’urgence sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo.
“Je suis disposé à apporter ma contribution en ce moment où le pays est agressé”, a déclaré Muzito, évoquant les attaques répétées du M23. Il insiste : sa démarche n’est pas une manœuvre politique classique, mais un choix patriotique dicté par le contexte. “Je ne veux pas entrer au Gouvernement en tant que parti de l’opposition. Je veux contribuer en tant que nouvelle majorité, dans sa nouvelle configuration”, a-t-il affirmé.
Ce repositionnement politique s’inscrit dans la vision d’union prônée par le Président Félix Tshisekedi. Pour Muzito, il ne s’agit plus de se battre pour des idéologies partisanes, mais de s’unir autour de la cause nationale : restaurer l’intégrité du territoire congolais. “Le Président veut l’unité et la cohésion nationale, pour défendre ensemble la Nation”, a-t-il souligné.
En se plaçant comme un acteur de rassemblement, Muzito se présente non seulement comme un soutien au pouvoir en place, mais aussi comme un homme d’État prêt à dépasser les clivages politiques. Son engagement marque une ouverture inattendue dans le paysage politique, à un moment où le pays fait face à des défis existentiels.
La sortie de Muzito pourrait bien relancer le débat sur le rôle des opposants dans un contexte d’instabilité. En intégrant une dynamique de majorité élargie, il envoie un message fort : la survie de la RDC prime sur les ambitions partisanes. Reste à savoir si d’autres figures de l’opposition suivront ce chemin.