Kinshasa, 21 novembre 2025- L’audience ouverte le 12 novembre à Paris place l’ancien chef rebelle Roger Lumbala Tshitenga au cœur d’un procès pour complicité de crimes contre l’humanité liés aux événements de 2002-2003 dans l’Est de la RDC. Depuis sa cellule, il sollicite l’intervention de Jean-Pierre Bemba, vice-premier ministre et ministre des Transports, afin qu’il puisse témoigner par visioconférence pour, selon lui, éclairer les juges sur son rôle réel.
Dans une correspondance datée du 16 novembre et adressée au président du Mouvement de Libération du Congo, dont une copie a été partagée à Enquête.cd, Lumbala demande un appui direct de Bemba et de plusieurs anciens hauts responsables du mouvement. Il souhaite qu’ils entreprennent des démarches auprès de l’Ambassade de France en RDC ou de la Monusco afin de rétablir ce qu’il appelle « la vérité ».
L’ancien député rappelle à cet effet la rencontre organisée à Gbadolite entre Antipas Mbusa Nyamwisi (RCD/KML) et Jean-Pierre Bemba. Il y soutient avoir uniquement signé un accord déjà négocié, sans avoir été impliqué dans les discussions préalables.
La même lettre a également été transmise au président Félix Tshisekedi ainsi qu’à plusieurs responsables politiques et militaires. Lumbala y exprime son sentiment d’abandon par ceux qu’il considérait comme ses alliés d’hier, tout en insistant sur le rôle qu’auraient joué les diplomaties occidentales – « États-Unis, Belgique, France » – dans l’établissement de « la vérité ».
Actuellement détenu à la prison de la Santé, il fait face à des accusations de complicité de crimes contre l’humanité et de participation à un groupement destiné à préparer des actes criminels. Il affirme que les charges reposent sur des témoignages forgés par des ONG étrangères et insiste sur le fait qu’il ne disposait ni de troupes, ni d’armes, ni d’un pouvoir sur la chaîne de commandement militaire. Il cite notamment le général Constant Ndima, alors en poste à Isiro, sur lequel il affirme n’avoir exercé aucune autorité.
Contestant ouvertement la juridiction française, Roger Lumbala fustige une « justice française néocolonialiste » et refuse, depuis le 13 novembre, de se présenter à l’audience. Il observe également une grève de la faim, malgré ce qu’il décrit comme un état de santé fragile. Ses avocats, dont le professeur Tshibangu Kalala, remettent eux aussi en cause la légitimité de la procédure.
