Kinshasa, 22 novembre 2025- Les habitants du quartier Bibwa, dans la commune de la Nsele, tirent la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils qualifient d’« insupportable ». Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) seraient eux-mêmes à l’origine d’une insécurité grandissante, marquée par des tracasseries, des arrestations arbitraires et des extorsions.
Des riverains rapportent que certains policiers, en patrouille dans les rues du quartier, se livreraient régulièrement à des abus en invoquant de fausses infractions. L’absence de carte d’électeur est devenue, d’après eux, le prétexte récurrent pour procéder à des interpellations injustifiées. « Ils inventent des motifs. Même si vous êtes en règle, ils trouveront quelque chose à dire », déplore un habitant.
Plus préoccupant encore, plusieurs témoins affirment que ces agents seraient souvent en état d’ébriété ou sous l’emprise de substances prohibées au moment des interventions. Un comportement qui, selon les résidents, aggrave la brutalité et l’imprévisibilité de leurs agissements. Les personnes interpellées ne seraient relâchées qu’après le paiement d’une somme de 100 000 francs congolais, ou à la suite de la remise forcée d’objets de valeur tels que téléphones portables, argent liquide ou effets personnels.
Dans ce contexte, les habitants disent vivre dans une peur permanente.
« Tous les jours, ces policiers terrorisent la population alors que l’insécurité réelle ne fait qu’augmenter », témoigne un riverain. Paradoxalement, la force censée assurer la protection des citoyens apparaît désormais, dans ce quartier périphérique de Kinshasa, comme l’une des principales sources de menace.
Alors que les autorités provinciales et nationales multiplient les annonces sur la lutte contre les bavures policières et la professionnalisation de la PNC, les habitants de Bibwa appellent à des actions urgentes. Ils demandent notamment des enquêtes, des sanctions exemplaires et une présence policière réellement au service de la communauté. En attendant une réponse institutionnelle, la méfiance grandit et le fossé entre la population et ceux qui sont chargés de la protéger ne cesse de se creuser.
