Kinshasa, 05 décembre 2025- À Washington, un accord a été signé entre Félix Tshisekedi, le président congolais, et Paul Kagame, le président rwandais. Cela est perçu comme un progrès significatif pour la paix dans la région. Cependant, Human Rights Watch (HRW) souligne que cette paix ne sera qu’une illusion sans l’engagement des deux pays à protéger les civils et à mettre fin à l’impunité.
Cet accord, bien qu’encourageant, demeure fragile. Pour HRW, il pourra créer un cadre solide de coopération, à condition que les engagements soient respectés et les populations impliquées dans le processus. Le retrait des troupes rwandaises et la création de mécanismes de gestion sécuritaire et économique sont des avancées notables dans les relations bilatérales.
Cependant, Lewis Mudge, directeur de HRW pour l’Afrique centrale, avertit que cette avancée ne doit pas occulter la persistance des violations. Les accords précédents, bien que salués, n’ont pas arrêté les atrocités, comme celles perpétrées par le M23 à Rutshuru. « Les déclarations politiques ne suffisent pas à protéger les civils » affirme-t-il.
L’absence de dispositifs contraignants pour punir les responsables de violations constitue une des failles majeures de cet accord, selon HRW. Les commanditaires et exécutants d’abus opèrent toujours librement, protégés par des réseaux politico-militaires. Cette impunité alimente la violence, rendant toute coopération inefficace sans une véritable volonté de rendre des comptes.
La protection des civils est primordiale et ne peut pas être négligée. La stabilisation de l’Est de la RDC repose sur des mesures d’urgence pour sécuriser les populations face aux attaques des groupes armés. Tant que la situation sécuritaire n’est pas améliorée, les bénéfices économiques associés à l’accord resteront inaccessibles.
HRW insiste sur la nécessité d’une pression internationale accrue, notamment de l’Union européenne et des États-Unis, pour imposer des actions concrètes : stopper le soutien aux groupes armés, engager des poursuites judiciaires contre les abus, et établir des mécanismes de suivi indépendants. Sinon, cet accord pourrait être une promesse non honorée.
Le document signé à Washington contient des éléments potentiellement positifs pour la stabilisation régionale. Néanmoins, Lewis Mudge rappelle que seule une rupture avec l’impunité peut transformer cet engagement en progrès tangible.
Tant que la justice ne sera pas intégrée au processus et que la sécurité des civils ne sera pas assurée, les violences continueront de rythmer la région.
