Kinshasa, 16 février 2026- Un haut cadre de la rébellion du M23/RDF a publiquement mis en cause le colonel Imani Nzenze, qu’il accuse d’avoir commandité la mort de l’artiste musicien Delcat Idengo et de Magloire Paluku, dans des zones sous contrôle rebelle dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon ce témoignage interne, Delcat Idengo aurait été abattu le 13 février 2025. Magloire Paluku aurait également trouvé la mort dans des circonstances similaires. Le cadre affirme que la même arme aurait été utilisée pour les deux victimes et soutient que les attaques visaient des civils qu’il qualifie « d’innocents et inoffensifs ».
L’auteur des accusations dénonce par ailleurs des pratiques d’enlèvements, d’arrestations arbitraires et de séquestration dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23. Il affirme que son propre frère aurait été enlevé à Kalehe le 3 novembre 2025 et resterait introuvable à ce jour.
Dans sa déclaration, il appelle les officiers qu’il qualifie de « courageux » au sein du mouvement à procéder à l’arrestation immédiate du colonel Nzenze et à le remettre « entre les mains de la justice opérationnelle ». Il accuse également ce dernier d’utiliser des fonds détournés pour manipuler l’opinion publique et détourner l’attention des responsabilités qu’il lui impute, le qualifiant d’« imposteur ».
Ces accusations traduisent des tensions internes apparentes au sein du M23 et soulèvent de nouvelles interrogations sur la situation sécuritaire et le respect des droits des populations civiles dans les zones sous contrôle rebelle. À ce stade, aucune confirmation indépendante n’a permis de vérifier ces allégations. Le M23 n’a pas encore réagi officiellement à ces déclarations.
Les familles des victimes ainsi que des organisations de défense des droits humains appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités dans ces décès, dans un contexte où la situation sécuritaire demeure fragile dans l’est du pays.
