Kinshasa, 7 avril 2026- Face aux tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo, de nouvelles allégations circulent autour d’une stratégie attribuée au Rwanda visant à maintenir un narratif sécuritaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Alors que le discours autour des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) est jugé moins mobilisateur par certains observateurs, plusieurs sources évoquent désormais l’émergence d’un nouveau récit sécuritaire centré sur une prétendue rébellion dénommée P5.
Selon ces informations relayées par la presse locale, ce narratif ferait état d’une rébellion en gestation dans les hauts plateaux d’Uvira, présentée comme une menace sécuritaire susceptible de justifier des interventions ou des repositionnements militaires dans la région. Toutefois, ces éléments reposent principalement sur des accusations relayées par différentes sources et n’ont pas fait l’objet de confirmations officielles de la part des autorités concernées.
Des allégations autour d’un nouveau narratif sécuritaire dans les hauts plateaux
Au cœur des allégations figure Nvuka Alexis, présenté comme membre de la communauté banyamulenge. D’après plusieurs sources, il aurait effectué ses études secondaires à Uvira avant de poursuivre un cursus universitaire à Butare, au Rwanda, à l’Université du Rwanda, sous identité rwandaise et grâce à une bourse locale. Il est également présenté comme affilié au clan Basinzira, bien que ces informations ne soient pas officiellement confirmées par des documents publics indépendants.
Toujours selon les mêmes sources, Nvuka Alexis aurait été impliqué en 2016 dans des activités de recherche liées aux hauts plateaux après un passage à Kigali, où il aurait reçu des orientations et des financements.
Il lui est attribué un rôle présumé dans la diffusion d’informations sur l’existence d’une rébellion P5, parfois associée à l’ancien chef d’état-major rwandais Kayumba Nyamwasa, aujourd’hui en exil en Afrique du Sud. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée par les autorités rwandaises ou par les structures mentionnées.
Les accusations évoquent également une coalition impliquant Red Tabara et des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF), qui aurait opéré dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira, notamment à Kiryama.
Cette coalition est accusée par certaines sources d’avoir participé à des destructions massives de biens appartenant à la communauté banyamulenge, entraînant des déplacements de populations. Ces affirmations restent toutefois sujettes à vérification par des enquêtes indépendantes.
Diaspora banyamulenge, mouvements rebelles et accusations de divisions internes
Par ailleurs, des allégations mentionnent l’implication de certains acteurs dans des initiatives supposées de fragmentation territoriale de la RDC entre 2010 et 2013, ainsi que des tensions au sein de la diaspora banyamulenge. Des structures telles que Ubuntu et Gakondo sont citées dans des divisions internes, notamment autour du soutien présumé à des mouvements armés comme le MRDP ou le M23, accusations qui ne sont pas officiellement confirmées par les organisations concernées.
Le mouvement MRDP est également mentionné dans ces informations comme étant dirigé par Freddy Kaniki, avec Nkurunziza Alexis comme vice-président et Nvuka Alexis comme porte-parole. Des membres de la diaspora vivant en Europe et au Rwanda seraient impliqués dans sa structure exécutive, selon les mêmes sources, sans confirmation officielle à ce stade.
Des accusations similaires visent certaines organisations de la diaspora, notamment Mahoro Peace, anciennement dirigée par Adèle Kibasumba, aujourd’hui présentée comme secrétaire exécutive du MRDP. Des divergences internes sont également signalées au sein de la structure Gakondo, avec une branche accusée de soutenir financièrement certains mouvements armés tandis qu’une autre s’y opposerait.
Dans ce contexte marqué par la multiplication des accusations et des contre-accusations, plusieurs analystes appellent à la prudence dans la diffusion d’informations liées aux conflits de l’est de la RDC, soulignant la complexité des dynamiques sécuritaires et communautaires dans les hauts plateaux.
Ils insistent sur la nécessité d’enquêtes indépendantes, de vérifications rigoureuses et de prises de position officielles afin d’établir les faits et d’éviter la propagation de récits non confirmés susceptibles d’alimenter davantage les tensions.
