Kinshasa, 9 avril 2026-Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a affirmé mercredi à Kisangani que « l’argent des indemnisations appartient à l’État congolais dont la population victime fait partie », soulignant ainsi le rôle central de l’État dans la gestion et la transparence du processus d’indemnisation des victimes de la guerre des six jours. Cette déclaration a été faite lors d’un échange direct avec les victimes dans cette ville martyre du nord-est de la RDC.
Le ministre a insisté sur le fait que l’État congolais demeure le garant du bon déroulement de ce processus sensible, destiné à réparer les préjudices subis par les populations affectées par les affrontements entre armées étrangères en 2000. Il a ainsi tenu à dissiper toute confusion autour de la gestion des fonds, rappelant que ces ressources doivent être administrées dans l’intérêt exclusif des victimes.
Dans la même intervention, Guillaume Ngefa a précisé que les réparations ne se limiteront pas à la seule ville de Kisangani. « Les réparations collectives visent aussi les autres provinces issues de l’ancienne Orientale », a-t-il déclaré, en référence à l’esprit de la décision rendue par la Cour internationale de Justice, qui avait condamné l’Ouganda pour ses activités militaires illicites sur le sol congolais.
La réaction du ministre intervient après l’ annonce faite sur la reprise imminente du processus d’indemnisation à Kisangani, après un audit du fichier des victimes.
Quelques jours plus tôt, Dismas Kitenge, président du conseil d’administration du Fonds pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, avait indiqué que cette étape d’audit était indispensable pour identifier les véritables bénéficiaires et garantir une distribution équitable des indemnisations.
Cependant, ce processus reste marqué par des tensions, alimentées notamment par des accusations d’instrumentalisation des victimes par certains acteurs locaux. Une situation qui a conduit certaines victimes à percevoir l’audit comme un frein, alors que les autorités le présentent comme une condition essentielle à la crédibilité et à la transparence du mécanisme.
Avec ces clarifications, le gouvernement congolais tente de restaurer la confiance autour de ce processus longtemps attendu, tout en élargissant la portée des réparations au-delà de Kisangani, conformément aux engagements issus de la décision judiciaire internationale.
