Kinshasa, 21 avril 2026- À Lubumbashi, une scène choquante s’est déroulée dans la nuit du 20 avril 2026, des dizaines de déplacés de guerre, venus de l’Est de la République démocratique du Congo, ont passé la nuit à la belle étoile devant le Gouvernorat de province.
Sans abri, sans eau potable, sans nourriture ni soins médicaux, ces hommes, femmes et enfants ont été contraints de dormir à même le sol, exposés à toutes les vulnérabilités sans aucune attention de l’autorité provinciale.
Ces familles, originaires notamment de Goma, Bukavu, Walungu et Mwenga, fuient pourtant des zones marquées par des conflits armés persistants. Arrivées dans le Haut-Katanga avec l’espoir de trouver protection et assistance, elles se retrouvent aujourd’hui plongées dans une misère tout aussi violente, mais cette fois-ci sous le regard indifférent des autorités.
Depuis plusieurs mois, certaines de ces familles survivent dans des conditions précaires à Lubumbashi, sans véritable prise en charge. Des enfants sont privés d’école, des malades restent sans soins, et des parents vivent dans une angoisse permanente, incapables de subvenir aux besoins les plus élémentaires de leurs foyers.
Le vice-gouverneur faisant fonction de gouverneur, Martin Kazembe Shula, est aujourd’hui accusé de passivité face à cette urgence humanitaire. Aucune mesure visible, aucun dispositif d’accueil, aucune réponse concrète n’a été mise en place pour soulager ces populations en détresse.
Cette absence d’action alimente une colère croissante au sein de l’opinion, qui voit dans ce silence de Kazembe une forme d’abandon pur et simple.
Le contraste est d’autant plus frappant que, dans le même temps, le gouvernement congolais affiche sa volonté d’accueillir des migrants refoulés des États-Unis. Cette posture, sur le plan international, semble en totale contradiction avec la réalité vécue par des milliers de Congolais déplacés à l’intérieur même de leur propre pays.
» Comment expliquer qu’un État se montre disposé à accueillir des étrangers, tout en laissant ses propres citoyens sans assistance ?
Ce qui se joue aujourd’hui à Lubumbashi dépasse la simple question humanitaire » Dénonce un membre de la société civile.
Et d’ajouter
» Il s’agit d’un test de responsabilité pour les autorités. Car face à la souffrance humaine, l’inaction n’est pas une neutralité : elle devient une faute. Laisser des familles entières dormir devant un bâtiment officiel, sans assistance, revient à institutionnaliser l’indifférence »
Cette situation, pourtant connue, avait déjà été signalée lors de l’ouverture de la session de mars de l’Assemblée provinciale. Le député Michel Kabwe avait alors tiré la sonnette d’alarme, qualifiant cette crise d’inacceptable et appelant à une intervention urgente des autorités provinciales.
Mais sur le terrain, rien n’a changé, le gouverneur intérimaire n’a toujours pas réagi.
