Kinshasa, 21 avril 2026- Le nombre de jeunes en rupture de lien familial ne cesse d’augmenter à Lubumbashi, où leur présence devient de plus en plus visible dans les rues, les carrefours et les marchés, traduisant une détérioration progressive du tissu social et un affaiblissement des mécanismes d’encadrement.
Cette montée inquiétante trouve en partie son origine dans le dysfonctionnement des structures censées encadrer ces enfants : depuis environ huit mois, plusieurs centres d’hébergement et d’encadrement, notamment le centre Lukuni pour garçons et la Maison de la jeune fille, sont laissés sans approvisionnement ni suivi régulier, malgré leur subvention théorique par les autorités provinciales.
Lubumbashi devient ainsi, dès 19 heures, une ville sous tension dans plusieurs de ses axes stratégiques, où des groupes de jeunes en errance circulent, extorquent des biens, profèrent des menaces et, par moments, s’en prennent physiquement aux passants, selon plusieurs témoignages recueillis dans la capitale du Haut-Katanga.
Sur l’axe allant de Tshondo vers le centre-ville, la situation est particulièrement préoccupante à la tombée de la nuit. Du côté de l’arrêt Messe, mais aussi dans les environs de Kamanyola au niveau de la chaussée Laurent-Désiré Kabila, non loin des abords du gouvernorat provincial, des scènes d’insécurité sont régulièrement signalées.
Le phénomène ne se limite pas à ces zones centrales. À Kilela Balanda et dans d’autres quartiers périphériques de Lubumbashi, des habitants évoquent également une montée des actes d’intimidation et de petite criminalité nocturne, attribués à des jeunes livrés à eux-mêmes.
Conséquence directe de cet abandon, de nombreux enfants retournent massivement dans la rue, alimentant une insécurité grandissante et une dynamique de groupes qui échappent de plus en plus au contrôle des autorités.
Au centre des critiques, la gestion provinciale dirigée par le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula est pointée du doigt par certains acteurs locaux, qui dénoncent un manque de suivi et de prise en charge des structures sociales concernées.
Dans ce contexte, Lubumbashi apparaît de plus en plus difficile à vivre en soirée, avec une insécurité diffuse qui s’étend progressivement à plusieurs quartiers, sur fond de fragilisation du tissu social et d’abandon des dispositifs d’encadrement des jeunes vulnérables.
