Kinshasa, 25 avril 2026-L’instruction du dossier relatif au détournement présumé des fonds du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) s’est poursuivie vendredi 24 avril 2026 devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Les débats ont été marqués par la mise en cause de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, cité comme ayant donné des instructions dans la procédure contestée. À l’audience, plusieurs témoins ont été entendus, dont le directeur général de la société DIVO SARL.
Cette entreprise avait bénéficié d’un financement de 1 024 000 USD pour la production d’un film documentaire sur les activités du Fonds. Le ministère public évoque un dépassement par rapport au contrat initial fixé à 640 000 USD.
Interrogé sur cet écart, le directeur général a.i. du FRIVAO, Chansar Bolukola, a évoqué une erreur administrative, affirmant que près de 80 % du montant perçu en trop aurait déjà été remboursé par la société concernée.
Sur le respect des procédures de passation des marchés publics, notamment l’absence d’avis de non-objection et d’autorisation de la DGCMP, Chansar Bolukola a déclaré avoir agi sur instruction verbale de son autorité de tutelle de l’époque, Constant Mutamba.
Selon lui, cette instruction exigeait un paiement rapide en faveur de DIVO SARL, dans un contexte de forte pression pour livrer le film documentaire dans les délais.
Présent à l’audience, le directeur général de la DGCMP a dénoncé une violation de la loi relative aux marchés publics. De son côté, le responsable de DIVO SARL a indiqué que son entreprise n’était pas impliquée dans la procédure de paiement, se limitant à l’exécution technique du projet.
Le président du conseil d’administration actuel du FRIVAO, Dismas Kitenge, a pour sa part affirmé que le conseil n’avait pas été associé au processus de paiement. Une correspondance de son prédécesseur a été produite pour appuyer cette déclaration.
Face à ces éléments, le ministère public a sollicité la comparution de Constant Mutamba afin qu’il éclaire la Cour sur les circonstances de l’instruction évoquée. La défense a, de son côté, demandé l’audition de l’ancien président du conseil d’administration du FRIVAO.
L’audience a été renvoyée au jeudi 30 avril 2026 pour la poursuite de l’instruction, avec la possibilité d’entamer les plaidoiries.
Dans ce dossier, la justice élargit ses investigations sur la gestion des fonds du FRIVAO.
Le ministère de la Justice a récemment ordonné l’ouverture d’enquêtes sur un autre présumé détournement de 3,3 millions USD lié à un projet de réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani.
