Kinshasa, 27 avril 2026- Des avocats exerçant à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, dénoncent des arrestations qu’ils qualifient d’arbitraires, des détentions prolongées ainsi que des actes de torture visant certains de leurs confrères.
Selon leurs témoignages, plusieurs d’entre eux auraient été arrêtés après avoir critiqué ce qu’ils décrivent comme une « justice expéditive » instaurée dans certaines zones occupées par la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Ils affirment que ces interpellations viseraient à réduire au silence toute voix contestataire au sein du système judiciaire local.
Les avocats concernés seraient détenus depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans procédure judiciaire régulière ni notification officielle à leurs familles.
Certaines sources évoquent des détentions dans des cachots de la Direction des Services de Renseignements (DSR), sans accès clair à une assistance juridique ni à des visites familiales.
Cette situation suscite de vives inquiétudes au sein du barreau local, qui estime que ces pratiques portent gravement atteinte à l’indépendance de la justice, à la liberté d’expression des avocats et aux droits fondamentaux des personnes détenues.
Dans un contexte sécuritaire déjà tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, ces dénonciations relancent le débat sur le respect de l’État de droit et la protection des professionnels de la justice dans les zones en conflit.
