Goma, 22 mai 2026 – De violents affrontements opposent depuis ce vendredi matin les combattants Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23-RDF sur les hauteurs stratégiques de Bisunzu, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans plusieurs localités de la région.
Selon plusieurs sources locales et sécuritaires, les combats se concentrent sur la colline de Bisunzu, une position dominante située non loin de Kinigi. Cette nouvelle escalade intervient au lendemain de la prise de contrôle de Chugi par les Wazalendo, dans une zone devenue l’un des principaux foyers des affrontements dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Des sources sécuritaires accusent également les rebelles du M23 d’avoir violé le cessez-le-feu en lançant, le 17 mai dernier, des offensives contre des positions tenues par les Wazalendo. Après plusieurs heures d’affrontements, les assaillants auraient été repoussés.
Sur le terrain, plusieurs témoignages indiquent que les Wazalendo contrôlent actuellement 10 des 19 groupements du territoire de Masisi, renforçant progressivement leur présence dans cette partie du Nord-Kivu.
Par ailleurs, deux combattants de l’Alliance Fleuve Congo/M23 auraient été tués à Kibabi-Buporo alors qu’ils tentaient de quitter les lignes de front. Selon des sources locales concordantes, ils auraient été abattus par leurs propres compagnons d’armes afin d’empêcher toute fuite des éléments engagés dans les combats.
Dans le même temps, d’importants mouvements de renforts rebelles ont été signalés à Rubaya, cité minière stratégique du Nord-Kivu. Plusieurs habitants rapportent qu’au moins cinq camions transportant des combattants du M23 sont arrivés jeudi dans cette zone afin de contenir l’avancée des Wazalendo.
Sur le plan militaire, certains observateurs dénoncent l’absence d’un appui aérien des Forces armées de la République démocratique du Congo aux combattants progouvernementaux engagés sur les lignes de front. Cinq jours après le début de cette nouvelle vague d’affrontements, plusieurs sources locales estiment que cette situation réduit les capacités des forces alliées à neutraliser les positions d’artillerie rebelles.
Des experts sécuritaires et économiques soulignent également que les enjeux autour des sites miniers de Rubaya et Twangiza demeurent au cœur du conflit. Selon eux, ces zones riches en ressources minières continuent d’alimenter l’économie de guerre dans l’Est de la RDC malgré les sanctions internationales visant Kigali.
