Lubumbashi, 23 mai 2026 – La démission du gouverneur Jacques Kyabula continue d’alimenter les analyses juridiques et politiques autour de l’avenir institutionnel du Haut-Katanga. Dans une opinion libre publiée ce 23 mai 2026, Maître Tshiswaka Masoka Hubert estime que ce départ vient désormais renforcer la position du gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, appelé à conduire la province durant cette phase transitoire.
Dans son analyse, le juriste rappelle que Jacques Kyabula a officiellement présenté sa démission au président de la République à travers une lettre datée du 21 mai 2026, mettant ainsi fin à deux mandats successifs à la tête du Haut-Katanga. Le premier avait débuté en avril 2019 aux côtés du vice-gouverneur Jean-Claude Kamfwa Kimimba, tandis que le second, entamé en juin 2024, était exercé avec Martin Kazembe Shula comme vice-gouverneur.
Selon Maître Tshiswaka Masoka Hubert, l’article 198 de la Constitution souligne le caractère personnel et individuel du mandat du gouverneur et du vice-gouverneur, tous deux investis séparément par ordonnance présidentielle. Cette distinction juridique permettrait ainsi au vice-gouverneur d’assurer pleinement la continuité institutionnelle après la démission du titulaire.
L’analyste évoque également l’article 160 de la loi électorale modifiée, selon lequel la démission du gouverneur entraîne automatiquement celle de l’ensemble du gouvernement provincial. Toutefois, l’exécutif provincial reste chargé de l’expédition des affaires courantes sous la direction du gouverneur intérimaire jusqu’à l’organisation d’un nouveau scrutin.
Pour Maître Tshiswaka Masoka Hubert, le départ officiel de Jacques Kyabula permet surtout de clarifier la situation institutionnelle qui entourait jusque-là l’intérim de Martin Kazembe Shula. Il estime que cette démission lève certaines ambiguïtés juridiques et politiques qui limitaient l’exercice de certaines compétences stratégiques réservées au gouverneur titulaire.
L’analyse souligne également que le gouverneur intérimaire conserve la possibilité de se porter candidat lors de l’élection partielle qui devra être organisée afin de désigner un nouveau gouverneur et un nouveau vice-gouverneur. À ce sujet, l’auteur évoque aussi la possibilité d’une prolongation de l’intérim en fonction du calendrier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Au-delà de l’aspect strictement juridique, Maître Tshiswaka Masoka Hubert considère que cette séquence constitue un véritable test politique pour les institutions provinciales du Haut-Katanga. Selon lui, la province se trouve désormais entre l’exigence du respect strict des textes légaux et les dynamiques de repositionnement politique au sein de la majorité présidentielle.
