Kinshasa, 23 mai 2026 – Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko dans la soirée du vendredi 22 mai, marquant une rupture politique majeure au sommet de l’État sénégalais.
L’annonce a été faite par la chaîne publique RTS peu avant 22h GMT, sans précision immédiate sur les raisons officielles de ce limogeage ni sur le nom d’un éventuel successeur à la Primature.
Cette décision intervient après plusieurs semaines de tensions ouvertes entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais, pourtant alliées historiques au sein du parti Pastef.
Depuis leur arrivée au pouvoir en 2024, des divergences de plus en plus visibles étaient apparues autour de la gestion de l’État, du contrôle du parti et de la conduite des réformes promises durant la campagne présidentielle.
Ousmane Sonko, considéré comme le leader charismatique du Pastef et principal artisan de la victoire électorale de Bassirou Diomaye Faye, conservait une forte influence sur les militants et sur plusieurs cadres du parti. De son côté, le président Diomaye Faye cherchait progressivement à affirmer son autorité et son indépendance à la tête de l’État sénégalais.
Les désaccords entre les deux hommes portaient notamment sur le rythme des réformes politiques et économiques, la stratégie vis-à-vis des partenaires internationaux ainsi que la manière d’appliquer les promesses de “rupture” avec l’ancien système dénoncé par le Pastef.
Contexte
Depuis plusieurs mois, les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’étaient considérablement détériorées. Des tensions internes étaient signalées autour du fonctionnement du gouvernement et de la gestion du parti au pouvoir.
Selon plusieurs analystes politiques sénégalais, Ousmane Sonko défendait une ligne plus radicale, notamment sur la souveraineté économique, la dénonciation du système néocolonial et la remise en cause de certains accords avec les partenaires occidentaux.
À l’inverse, Bassirou Diomaye Faye privilégiait une approche plus institutionnelle et prudente afin d’éviter des tensions diplomatiques et économiques dans un contexte marqué par des difficultés budgétaires et des discussions sensibles avec les institutions financières internationales.
Des divergences étaient également apparues autour du contrôle du Pastef. Plusieurs proches du président sénégalais reprochaient à Sonko de continuer à exercer une influence dominante sur le parti et sur l’appareil gouvernemental malgré sa fonction de Premier ministre.
Ces dernières semaines, des déclarations publiques des deux camps avaient laissé apparaître une fracture de plus en plus profonde au sein du pouvoir sénégalais, certains observateurs évoquant déjà une rupture imminente entre les deux dirigeants.
Le limogeage d’Ousmane Sonko ouvre désormais une nouvelle phase politique au Sénégal, alors que les regards se tournent vers le choix du futur Premier ministre et les conséquences de cette décision sur la stabilité du régime ainsi que sur l’avenir du Pastef.
