Kinshasa, 30 mai 2026- Alors que l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les pays de la région à éviter la fermeture des frontières, estimant que cette mesure ne constitue pas une solution efficace pour stopper la propagation du virus.
En visite à Kinshasa, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tenu cette position à l’issue d’un entretien avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Selon lui, la RDC possède déjà une expérience considérable dans la gestion des épidémies d’Ebola et dispose des capacités nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée malgré les défis liés à la souche Bundibugyo, une variante rare du virus.
« Notre position à ce sujet en tant qu’OMS, c’est que ce n’est pas nécessaire de devoir imposer la fermeture des frontières », a déclaré le chef de l’organisation, soulignant que la surveillance sanitaire, le dépistage rapide, la recherche des contacts et l’isolement des cas demeurent les outils les plus efficaces pour casser les chaînes de transmission.
Cette position intervient alors que plusieurs États ont déjà adopté des mesures restrictives face à la menace sanitaire. L’Ouganda a notamment fermé sa frontière avec la RDC pour une période de quatre semaines, à l’exception des opérations humanitaires, sécuritaires et des transports de marchandises, une décision prise malgré les recommandations de l’OMS.
Dans certaines zones frontalières, notamment autour de Goma, des mesures de fermeture ou de restriction des postes frontaliers avec le Rwanda ont également été signalées dans le cadre du renforcement de la riposte sanitaire.
Au-delà du continent africain, plusieurs pays occidentaux ont également renforcé leurs dispositifs de contrôle. Le Canada a annoncé des mesures temporaires imposant notamment une quarantaine de 21 jours aux voyageurs ayant séjourné récemment en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud. Ottawa a également suspendu plusieurs documents d’immigration pour les résidents des pays concernés.
Aux États-Unis, les autorités sanitaires ont intensifié les contrôles aux points d’entrée du territoire avec des dispositifs de dépistage et de surveillance renforcés pour les voyageurs en provenance des zones affectées par l’épidémie.
L’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007 puis en RDC en 2012 à Isiro. Cette variante demeure particulièrement préoccupante en raison de l’absence de vaccin ou de traitement spécifique homologué à ce jour.
Cependant, un espoir important apparaît dans la lutte contre cette maladie. L’OMS a annoncé l’introduction prochaine de plusieurs vaccins candidats qui seront testés dans le cadre de la riposte en cours. Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué que ces vaccins pourraient être disponibles dans les prochains mois, ouvrant ainsi la voie à une avancée majeure contre cette forme rare d’Ebola.
Parallèlement, les équipes sanitaires poursuivent les interventions classiques qui ont déjà permis à la RDC de vaincre plusieurs épidémies dans le passé : identification et suivi des contacts, dépistage rapide, prise en charge médicale, sensibilisation communautaire ainsi que l’organisation d’enterrements dignes et sécurisés.
Le gouvernement congolais a déjà mobilisé plus de 20 millions de dollars pour soutenir les opérations de riposte et renforcer les capacités du système national de santé.
Malgré les difficultés liées à l’insécurité, aux déplacements de populations et aux défis logistiques dans les zones touchées, l’OMS reste confiante quant à la capacité de la RDC à maîtriser cette 17e épidémie d’Ebola grâce à l’expérience accumulée au fil des années et aux nouvelles perspectives offertes par la recherche vaccinale.
