Goma, 25 juin 2026- L’insécurité continue de se détériorer dans plusieurs territoires du Nord-Kivu placés sous le contrôle des rebelles du M23 et de leurs alliés rwandais. Les témoignages des habitants, les alertes de la société civile ainsi que les rapports d’organisations de défense des droits humains font état d’une recrudescence inquiétante des kidnappings, des braquages et des enlèvements contre rançon.
Au cours des derniers jours, plusieurs incidents ont été signalés sur différents axes routiers de la province. Le mercredi 24 juin, plusieurs motocyclistes et leurs passagers, parmi lesquels figuraient des enfants selon des sources locales, ont été enlevés sur l’axe Kibirizi-Rwindi, dans le territoire de Rutshuru. Deux conducteurs identifiés sous les noms de Kangole et Izorini demeurent introuvables après avoir été pris dans une embuscade tendue en pleine journée.
La veille, un notable connu sous le nom de Shaole a été kidnappé à Mazingiro, dans le groupement de Bwito. D’après des informations recueillies sur place, ses ravisseurs exigeraient une rançon de 8.000 dollars américains pour obtenir sa libération.
Par ailleurs, la Route nationale numéro 2 demeure également le théâtre d’attaques répétées. Le 23 juin dernier, un convoi de véhicules a été braqué à Busendo, entre Kiwanja et Kanyabayonga. Des hommes armés ont dépouillé les passagers de leurs téléphones, de leur argent et de plusieurs biens de valeur avant de prendre la fuite. Quelques jours auparavant, un camion avait déjà été attaqué dans les escarpements de Kabasha selon des sources locales.
Pour les habitants de ces zones et les usagers des routes concernées, ces incidents ne constituent plus des événements isolés. Ils dénoncent une insécurité devenue chronique, marquée par la multiplication des enlèvements contre rançon et des attaques armées. Certains voyageurs évoquent désormais une situation où « chaque jour apporte son kidnapping ou son braquage ».
Face à cette situation, plusieurs organisations locales de défense des droits humains s’interrogent sur la responsabilité des autorités de fait qui administrent ces territoires. Elles rappellent que toute force exerçant un contrôle effectif sur une zone a l’obligation de garantir la sécurité des populations civiles et la protection de leurs biens.
Alors que le M23 et les autorités rwandaises affirment œuvrer pour le rétablissement de l’ordre dans les zones sous leur contrôle, les témoignages recueillis sur le terrain décrivent une réalité marquée par la peur, les enlèvements et les violences répétées.
Pour de nombreux observateurs, la multiplication de ces abus renforce les inquiétudes sur la situation sécuritaire et humanitaire dans les territoires occupés du Nord-Kivu. Il convient de noter que plusieurs organisations nationales et internationales continuent d’alerter sur les conséquences du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, où des milliers de civils restent exposés aux violences et aux déplacements forcés.
