Kinshasa, 27 février 2025- La sortie médiatique de l’ex-président de la RDC, Joseph Kabila, a suscité de vives controverses sur la place publique. En réaction, René Mayilukila Ndakivangi, président du conseil d’administration de l’AMICONGO et cadre de l’UDPS, affirme que Joseph Kabila est la personne la moins indiquée pour donner son opinion, qu’il juge déphasée et erronée, sur la situation actuelle à l’Est du pays.
Selon lui, la coalition FCC-CACH n’a jamais été un pacte républicain, mais plutôt un simple accord politique qui imposait une gouvernance bicéphale. Il estime que le FCC avait pour objectif de provoquer l’échec du mandat du président Félix Tshisekedi en bloquant des initiatives essentielles au développement du pays.
« Kabila parle des dernières élections, qui se sont tenues en décembre 2023, mais il doit savoir que les véritables fraudes électorales dans ce pays ont eu lieu sous son régime, notamment en 2011, lorsqu’il a organisé des élections pour se maintenir au pouvoir », a-t-il déclaré.
Concernant la crise sécuritaire à l’Est, René Mayilukila estime que sa résolution passe avant tout par une solution militaire. Selon lui, les autres crises – humanitaires et sociales – ne sont que les conséquences de l’insécurité persistante. « Il n’y a aucune crise politique, contrairement à ce que prétend Monsieur Kabila », affirme-t-il.
Il rappelle que l’Union sacrée a été mise en place en 2021, après la rupture de la coalition FCC-CACH, et que c’est cette nouvelle coalition qui dirige actuellement le pays. Il accuse l’ancien président d’être l’un des responsables du conflit qui dure depuis plus de trois décennies. « Ce sont eux qui ont pris le pouvoir en 1997 sous prétexte de libération avec l’AFDL, dont les principaux acteurs étaient des Rwandais. L’AFDL n’est autre que l’ancêtre des mouvements rebelles tels que le CNDP, aujourd’hui le M23 et l’Alliance du Fleuve. »
Sur la question de l’armée, René Mayilukila s’étonne qu’un général-major, ayant dirigé le pays pendant 18 ans, n’ait pas su réorganiser et restructurer les FARDC. « Au contraire, sous son régime, l’armée a été infiltrée et considérablement affaiblie. De nombreux officiers valeureux et compétents ont été éliminés », dénonce-t-il.
Enfin, il conclut en critiquant sévèrement l’intervention de l’ancien président : « Kabila aurait mieux fait de garder son mutisme habituel plutôt que de raconter des inepties et de rater sa sortie médiatique. »