Kinshasa, 03 avril 2025- Alors que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC continue de se détériorer, le député national Delly Sesanga remet en question la capacité du président Félix Tshisekedi à faire face à cette crise. Selon lui, le chef de l’État avait lui-même érigé la restauration de la paix comme un critère déterminant de son mandat, un engagement qui, selon le parlementaire, n’a pas été honoré.
Sesanga souligne que la débâcle militaire et les tensions diplomatiques actuelles sont les conséquences directes des choix stratégiques de la présidence. “Nous sommes face à une impasse où l’intégrité du territoire est en péril et où la cohésion nationale s’effrite. Face à une telle situation, un dirigeant responsable doit avoir le courage d’en tirer les conséquences”, a-t-il affirmé.
Le parlementaire insiste sur le fait que la démission présidentielle ne devrait pas être perçue comme un aveu de faiblesse, mais plutôt comme un acte de responsabilité. “La Constitution offre cette possibilité dans les cas de graves défaillances. Il ne s’agit pas d’un tabou, mais d’un mécanisme démocratique permettant de redonner un nouvel élan à la nation”, a-t-il expliqué.
Cependant, cette position est loin de faire l’unanimité. Du côté du pouvoir, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, a réaffirmé que le président Tshisekedi ira jusqu’au bout de son mandat. « Il a été élu par le peuple et restera en fonction selon les dispositions constitutionnelles », a-t-il déclaré, rejetant toute idée de démission forcée.
La chute de Goma aux mains du M23, soutenu par Kigali, a accentué la pression sur le gouvernement congolais. Dans ce contexte, plusieurs organisations, dont l’église catholique et l’église protestante, plaident pour un dialogue national inclusif. Une initiative que l’UDPS ne voit pas d’un bon œil, préférant s’en tenir aux négociations régionales en cours.
Alors que les appels à un changement de cap se multiplient, l’issue de cette crise demeure incertaine. Pour Delly Sesanga, l’heure n’est plus aux demi-mesures : “Il faut un véritable sursaut national. Le pays ne peut pas continuer à s’enliser dans l’attentisme au détriment de la population qui souffre.”