Kinshasa, 24 juilllet 2025- Alors que les discussions se poursuivent à Doha entre les autorités congolaises et la rébellion de l’Alliance fleuve Congo (AFC)/M23, soutenue par le Rwanda, le VPM de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, s’est exprimé publiquement sur la posture du gouvernement face à l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.
Dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique, Jacquemain Shabani a tenu à clarifier la position officielle en ces termes. « Nous n’attendons rien de Joseph Kabila. Il sera pris en charge par l’accord de paix de Doha, négocié directement entre ses hommes et nous. Nous ne pensons pas lui réserver un traitement particulier », a-t-il dit.
Cette sortie intervient alors que Joseph Kabila mène depuis plusieurs jours une série de consultations politiques dans l’est du pays, notamment à Goma et dans le Sud-Kivu. L’ancien président s’oppose frontalement à l’accord entre Kinshasa et Washington, en particulier sur son volet minier, qu’il juge contraire aux intérêts de la RDC. Par ailleurs, il milite activement pour l’organisation d’un dialogue national élargi.
Ses appels à un cadre de concertation nationale trouvent un écho favorable auprès de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Les deux structures religieuses portent ensemble une initiative baptisée « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs ».
Dans ce contexte tendu, la déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha entre le gouvernement congolais et les délégués de l’AFC/M23 constitue une avancée notable. Fruit de trois mois de médiation assurée par le Qatar, cet accord prévoit l’adoption de premières mesures dès le 29 juillet, ainsi que l’ouverture de négociations en vue d’un accord de paix global, attendu avant le 8 août.
Ce processus diplomatique, présenté comme une étape cruciale vers une pacification durable de l’Est du pays, semble désormais intégrer l’ensemble des acteurs politiques majeurs, y compris ceux, comme Joseph Kabila, qui occupent une position plus distante vis-à-vis du pouvoir en place.
