Kinshasa, 24 juillet 2025- L’instruction judiciaire visant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a officiellement démarré mercredi devant la Cour de cassation. À la barre, l’ex-Garde des sceaux a été longuement interrogé par les juges afin d’éclairer les circonstances entourant l’affaire. Il ressort de ces échanges que le paiement aurait été effectué bien avant le début des travaux de construction du centre pénitentiaire.
Durant cette séance, Constant Mutamba n’a cessé de proclamer son innocence, affirmant à plusieurs reprises qu’il n’avait perçu « aucun rond » dans cette affaire. Il a également expliqué à la Cour comment la société Zion Construct a été choisie pour exécuter les travaux. L’ancien ministre a assuré qu’il fournirait des preuves supplémentaires pour appuyer sa défense.
De son côté, le ministère public a vivement mis en cause l’ancien ministre. Selon l’organe de poursuite, le Conseil des ministres avait initialement prévu d’ériger la maison d’arrêt à Kinshasa, mais Constant Mutamba aurait pris l’initiative de déplacer le projet à Kisangani. Le procureur général a aussi souligné qu’aucun terrain n’aurait été identifié dans cette ville et a dénoncé la fuite des responsables de Zion Construct, en pointant l’incompétence présumée du ministre dans la gestion du dossier.
Les avocats de la défense ont aussitôt répliqué en réfutant les accusations du ministère public, soutenant que leur client n’avait commis aucune irrégularité. En début d’audience, ils ont d’ailleurs soulevé plusieurs exceptions et fins de non-recevoir, estimant que l’instruction du Parquet général était entachée d’irrégularités. Parmi les arguments avancés figuraient la signification irrégulière de la citation et l’absence de conformité dans le vote d’autorisation des poursuites par l’Assemblée nationale. Tous ces moyens ont cependant été rejetés par la Cour, qui a ordonné la poursuite de l’instruction.
L’affaire, qui implique le détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, a été renvoyée au mercredi 30 juillet prochain pour la suite des débats.
