Kinshasa, 06 août 2025- Mardi, Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, a officiellement adressé une lettre de récusation visant deux juges de la Cour de cassation impliqués dans son dossier judiciaire. La correspondance a été déposée auprès du greffier en chef de ladite Cour.
Dans cette lettre, Mutamba avance deux raisons principales pour justifier sa démarche. D’une part, il évoque une hostilité personnelle entretenue à son égard par certains magistrats, dont les deux juges visés. Selon lui, ces derniers auraient tenté de faire échouer les réformes qu’il avait initiées lorsqu’il était en fonction, contribuant ainsi à une situation de conflit qui viserait à obtenir sa condamnation à tout prix.
D’autre part, il dénonce plusieurs anomalies survenues durant l’instruction de son affaire. Il cite notamment le rejet systématique de ses exceptions, dont celle liée à la saisine de la Cour et celle relative à l’inconstitutionnalité. Selon lui, au lieu de procéder à ces rejets, la Cour aurait dû surseoir à statuer et saisir la Cour constitutionnelle. Il mentionne également des menaces reçues de la part d’un juge, et affirme que ses droits à un procès équitable sont bafoués, notamment à travers le déséquilibre dans le temps de parole accordé au Ministère public par rapport à sa défense.
L’affaire poursuivra son cours ce mercredi 6 août 2025, lors d’une audience consacrée à l’audition des témoins. Si certains d’entre eux s’étaient présentés lors de l’audience précédente, la défense avait toutefois dénoncé l’absence de ses propres témoins, alors que ceux du Ministère public avaient tous été cités. Elle avait également pointé du doigt le refus de comparaître du magistrat Alder Kisula Betika, Secrétaire exécutif de la CENAREF.
Pour cette nouvelle audience, la Cour prévoit d’entendre tous les témoins, qu’ils soient cités par la défense ou par l’accusation. Parmi eux figurent plusieurs personnalités de haut rang, à l’instar de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Constant Mutamba est actuellement poursuivi pour détournement présumé de 19 millions de dollars américains, fonds destinés à la construction d’un centre pénitentiaire à Kisangani.
